Angoulême, la Mecque de la BD durant un week-end

Située en plein milieu d’un triangle entre Bordeaux, La Rochelle et Limoges, Angoulême a une nouvelle fois porté durant trois jours le titre de capitale mondiale de la BD. La plupart des éditeurs ou dessinateurs de renom, mais également les petites maisons d’édition cherchant à se faire une place dans cet environnement étaient présentes dans la capitale charentaise.

Expositions, débats, conférences, séances de dédicaces étaient organisés dans toute la ville avec comme point d’orgue la soirée de remise de prix, récompensant les œuvres et auteurs les plus marquants de l’année précédente.

Cette année, très chargée en émotions en raison des événements survenus début du mois de janvier à Paris, a vu Riad Sattouf être sacré pour son album « Une jeunesse au Moyen-Orient », premier tome de sa série autobiographique « L’Arabe du futur », relatant son enfance en Syrie et en Libye. Nouvelle consécration pour cet auteur, qui avait déjà reçu le Grand Prix RTL de la bande dessinée pour ce même ouvrage, et qui avait déjà été primé à Angoulême en 2010 pour le troisième tome de sa série Pascal Brutal, « Plus fort que les plus forts ».


Qui est Riad Sattouf ?

Comme un pied de nez à l’actualité, Riad Sattouf, Français d’origine syrienne, a collaboré avec Charlie Hebdo durant neuf ans jusqu’en 2014. Quelques mois avant la fusillade orchestrée par les tristement célèbres frères Kouachi, il a quitté l’hebdomadaire satirique pour rejoindre le Nouvel Observateur.

Agé de 38 ans, Sattouf est un touche-à-tout qui connaît une égale réussite autant dans son activité de réalisateur que dans celle de dessinateur. Pour rappel, il est le scénariste et le réalisateur du film « Les Beaux Gosses » qui a reçu en 2010 le César du meilleur Premier Film.


Polémique

La remise du Fauve d’Or suscite assez souvent la critique car elle met souvent en avant des bds élitistes et non des albums grand public. Le jury est composé de professionnels du milieu présidé par le gagnant du Grand Prix du festival de l’année précédente. Cette année a dérogé à la règle puisque Bill Watterson, le créateur de Calvin et Hobbes, ne s’est pas déplacé à Angoulême. Il faut dire que le quinquagénaire américain s’est retiré du métier depuis près de vingt ans et qu’il limite au grand possible ses apparitions en public.

Parmi les lauréats du Fauve d’Or, vous ne retrouverez pas les grandes signatures de la bd franco-belge, mais plutôt des auteurs ayant obtenu des critiques élogieuses de la presse. Les Fauves sont à la bande dessinée ce que les César sont au cinéma

 

Le Grand Prix

L’autre distinction phare du festival est le Grand Prix de la ville d’Angoulême. Elle récompense non pas un album, mais la carrière d’un auteur. On reproche à nouveau à cette distinction l’absence dans son palmarès de quelques grands auteurs classiques de la bd. Car si Franquin a inauguré le prix en 1974, Morris a lui dû attendre 1992 pour être primé sous la forme d’un Grand Prix spécial du 20ème anniversaire. Uderzo étant lui couronné en 1999 par le Grand Prix du Millénaire.

Cette année, une distinction spéciale a été remise au journal Charlie Hebdo alors que le Japonais Katsuhiro Otomo voyait sa carrière récompensée. Il est surtout connu en Europe pour son manga Akira et devrait présider le jury du festival l’année prochaine.


Le Fauve Polar SNCF

Parmi la multitude de prix décernés, un intéresse plus spécialement les lecteurs d’Encre Noire, le Fauve Polar SNCF qui récompense un polar en bande dessinée, original ou adapté d’une œuvre littéraire.

Cette année fort tournée manga, c’est « Petites coupures à Shioguni » du Français Florent Chavouet, qui a remporté le prix.

Rendez-vous dans douze mois, toujours au même endroit, pour une nouvelle édition de ce grand rendez-vous de la bd mondiale. 


Olivier Baute le 8 février 2015 11:05

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