Dark Muséum 1 : American Gothic

Alcante

Bande dessinée

Delcourt, 2017, 55 pages, 14.95 €

:) :) :) CINQUANTE NUANCES DE ROUGE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Dark Muséum 1 : American Gothic

Cette BD m'apparaît comme étant à part dans la production dantesque du genre. Elle réunit les ingrédients qui ont tout pour plaire à l'amateur de fantastique, de récits malsains, de mystères abominables. Et elle utilise un stratagème intelligent, puisé dans la sphère culturelle mondiale : il s'agit pour les auteurs de cette nouvelle série (« Dark Museum ») d'imaginer une histoire bien glauque au départ des ressentis face à une œuvre picturale emblématique. Pour ce premier volume, il s'agit de la célèbre peinture de Grant Wood, « American Gothic » sur laquelle deux personnes , une homme et une femme, présentent leur minois pétris de non-expression. Visiblement fermiers – une fourche centrale en témoigne – ils ont l'air de vouloir témoigner d'une certain désespoir ou d'un fatalisme éteint.

Gihef et Alcante y vont vu bien d'autres choses et c'est le résultat de leurs pérégrinations imaginatives qu'ils nous livrent ici : 1930, l'Amérique profonde, en pleine crise agricole. Une petite bourgade paysanne, présidée par un maire arrogant qui n'hésite pas à spolier ses agriculteurs, en donnant un accès prioritaire aux réserves d'eau – contre quelques billets – à une bande de romanichels, des gens du cirque… La colère gronde. Pour Epiphany, une demoiselle peu gâtée par la nature, et Lazarus, son père, les brimades ont toujours été le lot quotidien. La vie est dure, surtout quand le frère d'Epiphany est en train de dépérir, faute de nutrition correcte, là-bas, dans la ferme familiale. Le vol de nourriture n'est pas un option valable sur le long terme, et Lazarus semble bien maladroit un fusil à la main. La famine et la mort rôdent. A moins que...Un chien écrasé sur la route va donner une idée au pauvre homme prêt à tout pour nourrir les siens. Et bientôt, des disparitions mystérieuses d'êtres humains s'enchaînent …avant qu'un déluge de mort s'abatte sur le cirque local.

L'ambiance de cette BD est morbide à souhait. On passe allègrement de l'effroi au dégoût tout en savourant le côté implacable du récit et en bénissant l'esprit tordu des auteurs. C'est du nanan pour ceux qui aiment le glauque, le trash, le très politiquement incorrect, l'abject et l'outrageant.

Et on se plaît déjà à imaginer les futurs tomes à l'aune de quelques œuvres d'art propres à emballer l'imagination. « Le Cri » de Munch en première ligne...

Eric Albert

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster