EN ATTENDANT QUE LE VENT TOURNE

BLAISE & GUININ, Robin

Bande dessinée

Casterman, 2011, 132 pages, 15 €

:) :) DE L’ART DE METTRE LE FEU AUX POUDRES - critique complète

Couverture
Couverture du livre: EN ATTENDANT QUE LE VENT TOURNE

L’enfance peut être cruelle, méchante. Elle contient déjà en germe toute la force nocive de la nature humaine, que les adultes s’ingénient à exprimer de mille façons.

Même un été ensoleillé à la campagne peut être le cadre d’un drame, au départ insignifiant, mais qui, par le jeu des dominos et des engrenages, se révéle bien lourd de conséquences pour toute une communauté.

Pierrot, Florentin et Xavier se sont lancés dans la construction d’une cabane dans un arbre. Un événement grandiose, à leurs yeux, qui ne peut que sceller davantage leur amitié.

Mais la cabane est saccagée, brisée en morceaux. Il ne fait aucun doute que les responsables sont les terreurs du village voisin, les jumeaux Brossard. Les garçons décident donc de se venger… Sans preuve avérée. De simples stéréotypes, des idées toutes faites, et la réputation des « mauvais » garçons – obèses et ballots – suffisent à les convaincre de leur culpabilité. C’est compter cependant sans le pénible secret que cache Xavier ; sans la présence aussi de la tendre et jolie Lucie, qui accompagne les frères Brossard, et qui ne le laisse pas indifférent. Les sentiments se bousculent, alors, entre honte, témérité, remises en cause et amour naissant. Tandis que la haine, la rancœur, le défi et la colère – toujours mauvaise conseillère – oeuvrent de concert à l’installation d’une zizanie totale aux conséquences incontrôlables…

Voici une des BD les plus touchantes de ce début d’année : une trame simple développée de manière subtile et naturelle jusqu’au climax dévastateur, un dessin épuré qui se rapproche de celui de la série ‘là où le regard ne porte pas’, une étude psychologique fine qui rend admirablement bien l’atmosphère de l’enfance, des personnages mignons, attachants qui se laissent (em)porter par les sentiments contradictoires qui les submergent…un cocktail rafraîchissant grâce à la saveur de jouvence mais aussi menaçant, violent, sombrement humain. (EA)

Eric Albert

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