L'homme au sang bleu

Moynot, Emmanuel

Bande dessinée

Casterman, 2017, 72 pages, 15 €

:) :) Burma au soleil - critique complète

Couverture
Couverture du livre: L'homme au sang bleu

Nouvelle enquête pour Nestor Burma, « le privé qui met le mystère KO », créé en 1943 par le français Léo Malet (1909-1996) dont les romans sont, depuis 1982, régulièrement adaptés en bandes dessinées, par Jacques Tardi d’abord, puis par Moynot, qui fit une pause le temps de deux tomes réalisés par Barral, avant de reprendre le flambeau depuis le volume précédant celui-ci (« Burma contre CQFD »). Cette intrigue se situe dans l’immédiat après-guerre, en septembre 1946 et, fait assez rare dans la série, elle se déroule en-dehors de Paris, plus précisément à Cannes où Nestor a été appelé par le comte de Fabrèges. Ce dernier, que Burma n’a jamais rencontré, pense être suivi, raison pour laquelle il a fait appel au privé. Las ! Quand il arrive au domicile de son futur client, Nestor y rencontre moult flicaille et autres curieux attirés par un événement exceptionnel : le comte est mort, apparemment suicidé dans son bureau. En creusant un peu, Burma apprend que, quelques jours plus tôt, le comte avait eu la visite des mêmes policiers. Il avait effectivement été surpris à écouler de la fausse monnaie : des grosses coupures et en grandes quantités encore bien. Alors, le comte, faux monnayeur acculé par la police ou simple victime d’une bande qui continue à officier dans l’ombre ? Burma ne lâche pas l’affaire.

Entre les jeunes ex-maîtresses du comte, les flics locaux qui pensent tout savoir, d’anciens employés de sa propre agence dont il se méfie et une bande de faux-monnayeurs aux abois, Burma aura fort à faire dans cette enquête dont la complexité n’a d’égale que…ses enquêtes précédentes. Moynot n’en perd pas ses moyens et, de son trait ultra-lisible et respectueux de l’univers graphique mis en place par Tardi, met parfaitement en scène cette bande de personnages tantôt cocasses, tantôt tragiques. La gouaille que Malet affectionnait placer dans la bouche de ses personnages est toujours bien présente, ce savant mélange d’argot parisien et d’ironie mordante était l’une de ses marques de fabrique et grâce soit rendue à Moynot de l’intégrer dans ses adaptations. Mais, par rapport aux précédentes, l’élément le plus marquant dans cette intrigue reste la couleur qui baigne chaque case de chaque planche, là où les aventures parisiennes de Nestor se fondent dans des teintes souvent grisâtres. Si le climat cannois de septembre se révèle fort différent de celui de Paris, les balles y pleuvent tout autant et le nombre de macchabées découverts par Nestor n’en souffre aucune diminution. Un régal !

Nicolas Fanuel

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster