La présidente tome 2 : Totalitaire

Durpaire, François

Bande dessinée

Les Arênes, 2017, 120 pages, 20 €

:) :) Science-fiction civique - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La présidente tome 2 : Totalitaire

2021, Le premier mandat de la présidente s’achève et les sondages la donnent perdante au 2ème tour, supplantée par Mohamed Labbes, le leader du parti Fraternité. Un musulman à la tête de l’état, impensable pour celle dont l’objectif était de restituer sa grandeur au pays tout en rendant les étrangers responsables des troubles causés par sa propre gestion chaotique. Au lieu d’en tirer les leçons, la présidente décide de charger encore plus ses habituels boucs émissaires tout en serrant encore la vis sécuritaire. Alors qu’une partie des français semble la suivre –et même la devancer en créant des milices- une autre relève la tête et montre son désaccord. Obnubilée par ses ennemis évidents, la présidente semble négliger l’ennemi de l’intérieur, celui qui complote dans son propre camp, souhaite sa chute afin d’extrémiser encore un peu plus le gouvernement.

Toujours parfaitement ancré dans notre époque, ce deuxième tome de « La Présidente » annonce de manière très crédible la couleur probable du paysage socio-politique des prochaines années. Publié fin octobre 2016, le volume anticipe des décisions d’hommes politiques vérifiées il y a peu (la fermeture des frontières américaines pour certains musulmans) et montre la voie vers laquelle, en toute logique, certains votes et certains choix (le Brexit), vont nous mener.  Autre domaine dans lequel les auteurs risquent des prédictions : les avancées technologiques et leurs applications lorsqu’elles tombent en de mauvaises mains. Vous vous sentez déjà fliqués par Facebook et Apple ? Les possibilités de vivre pire sont multiples et la présidente et ses sbires ne rechigneront pas à les utiliser.

Mais ce qui frappe le plus, c’est encore une fois l’aveuglement des dirigeants mis en scène : aveuglement par rapport aux déchirements en cours dans leur propre camp, aveuglement par rapport à l’avidité de pouvoir à tout prix qui les ronge, et aveuglement enfin face aux réactions que ne manqueront pas d’engendrer leurs décisions. Les auteurs se réclament d’un nouveau courant : la « science-fiction civique », reconnaissons-leur une réussite dans le genre : impossible, à la lecture de ces deux volumes, de ne pas ouvrir les yeux. 

Nicolas Fanuel

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