La présidente tome 3 : La vague

Durpaire, François

Bande dessinée

Arènes, 2017, 110 pages, 20 €

:) :) Le bout du tunnel - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La présidente tome 3 : La vague

Nous vous avions déjà dit tout le bien que nous pensions de cette bande dessinée de « science-fiction civique » dans nos chroniques des tomes un et deux. En cette période électorale, les auteurs, Farid Boudjellal et François Durpaire (qui se sont adjoint un nouveau collaborateur avec Laurent Muller, éditeur s’essayant ici à l’écriture) nous concoctent un troisième tome qui, s’il fait toujours autant frémir, offre néanmoins une perspective plus optimiste que les deux premiers. Bien sûr, Marion Maréchal est toujours au pouvoir et, avec l’aide de ses « amis » Poutine et Trump, elle vise plus à fliquer ses concitoyens qu’à les aider à sortir du marasme économique dans laquelle elle les a plongés. Car, de réelle politique on ne peut parler : depuis que la famille Le Pen est au pouvoir, la preuve que ses recettes basées sur une idéologie raciste, protectionniste et ultra-sécuritaire mènent la France à la faillite généralisée n’est plus à faire. Alors que la présidente visite la Silicon Valley pour y nouer de nouveaux accords visant à augmenter la surveillance de sa population (via les fameux big data), de nombreux représentants de celle-ci commencent à sérieusement relever la tête. Ce sont les dernières nouvelles mesures annoncées (grands travaux sous-financés, augmentation des dépenses militaires, reconduite des résidents d’origine étrangère sans travail à la frontière, obligation de fêter l’Indépendance Day américain) qui ont mis le feu aux poudres et cette fois, même les forces de l’ordre rechignent à obéir à la Présidente.

Les dictatures seraient-elles toutes condamnées à s’autodétruire, comme l’histoire nous l’a maintes fois montré ? Ici, la cause de l’effondrement repose principalement sur l’incapacité des dirigeants fascistes à conduire un pays, à permettre au plus grand nombre de ses administrés de vivre dans un confort suffisant pour qu’ils n’aient pas envie de contester. Impossible pour la clique des Le Pen qui ne pense qu’à indistinctement contrôler et sévir et ne perçoit pas jusqu’où ne pas aller trop loin. La force d’inertie s’était pourtant révélée puissante et il a fallu en avaler des couleuvres avant que de se rebeller. Au-delà de la satisfaction que l’on peut éprouver à la lecture de ce chemin révolutionnaire, la question du « pourquoi a-t-il fallu en arriver là ? » reste taraudante et irrésolue. Pourquoi porter au pouvoir des personnes dont on connaît l’incapacité à gouverner et dont on sait qu’il faudra bien finir par se débarrasser dans les larmes et le sang ? Elle traverse les trois tomes en filigrane et les auteurs se gardent bien d’y apporter un début de réponse. 

Nicolas Fanuel

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