Le casse : Tome 2 : Le troisième jour

Meunier, Henry

Bande dessinée

2010, 63 pages, 14 €

:) :) Résurrection - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Le casse : Tome 2 : Le troisième jour

Tout semble joué, et pourtant Marie-Madeleine décide de tenter une dernière idée : elle veut libérer Jésus, son homme, l’amour de sa vie. Elle convainc Jacques de l’aider –ce qui ne fut pas sans peine et nous vaut les trois pages les plus dialectiques de l’histoire de la bande dessinée- et engage un légionnaire romain –Longinus- pour monter ‘le coup’. Naturellement, elle s’arrange également pour acheter deux esclaves chargés de basses besognes et se procure un poison qui donne pendant quelques heures toutes les caractéristiques physiques de la mort à celui qui l’a avalé. Bref, tout est prêt pour le ‘casse’ du mois d’avril à Jérusalem. Naturellement, un grain de sable va venir gripper la belle machination. Alors, résurrection ou pas résurrection?

Fallait oser. Prendre le chapitre de la mort et de la résurrection de Jésus et le transformer en ‘casse’ digne des meilleurs polars du genre. Et bien, ce défi, Meunier et Guérineau l’ont relevé et l’ont réussi de très belle manière. Parés de tous les ingrédients propres à la bd historique (événements et personnages connus, costumes, décors et langue d’époque), ils nous livrent une intrigue convaincante et passionnante, donnant par la même occasion une autre lecture, une explication nettement plus terre-à-terre à cette histoire qui a traversé vingt siècles pour arriver jusqu’à nous. Les deux auteurs limitent très intelligemment leur casting à quelques personnages –Jacques, Marie-Madeleine, Judas et Longinus- dont ils approfondissent la psychologie juste ce qu’il faut pour leur assurer toute la crédibilité nécessaire. Jésus, ici, n’est qu’un objectif, jamais il ne parle, ne se plaint ou n’agit par lui-même : il n’est qu’un objet se laissant aller où ses tortionnaires lui disent d’aller. Plutôt que de pousser la reconstitution historique à outrance, ils s’attachent aux quatre personnages principaux et à leurs motivations personnelles : l’amour pour Marie-Madeleine, le gain pour Longinus, la culpabilité pour Judas et la foi pour Jacques. A ces quatre-là s’ajoute une petite galerie de seconds rôles habilement dotés d’un trait de caractère plutôt rare dans la bd historique : l’humour. Et pour le laisser transparaître, les deux auteurs n’hésitent pas à prendre quelques libertés avec le vocabulaire de l’époque : dialogues cocasses garantis. Au dessin, Guérineau fait des merveilles. Soutenu par la palette de couleurs lumineuses de Delf, il semble avoir définitivement rompu avec le trait parfois confus qu’on lui connaissant dans les premiers volumes du ‘Chant des Stryges’. Ici, chaque personnage reste définitivement identifiable ; le trait fin et réaliste et l’agencement des cases assurent à l’intrigue un déroulé d’une linéarité et d’un suivi remarquable. Un épisode fortement conseillé de cette série qui s’annonce en 6 tomes, sans autre lien qu’un titre générique, décliné par des auteurs différents.

Nicolas Fanuel

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