Le lendemain du monde

Coste, Xavier

Bande dessinée

Casterman, 2017, 148 pages, 22.5 €

:) Post-apocalypse en mode éthéré - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Le lendemain du monde

Un bug inexplicable a ramené notre civilisation à l’âge de la vapeur. Tout ce qui fonctionnait grâce à l’électricité est devenu inutile, à jamais obsolète. Même les implants neuronaux, présents dans le cerveau de la toute grande majorité des humains, ont été infectés. Les effets sur les personnes contaminées tiennent en une soudaine augmentation de leur niveau d’intelligence, confinant à la folie et réduisant leur espérance de vie. La contagion, jusqu’ici limitée au continent africain, gagne du terrain et menace de s’étendre au-delà. Pour tenter de la contrer, l’armée décide d’envoyer en un lieu perdu au cœur de l’Afrique et qu’elle pense être la source, une militaire peu expérimenté mais vierge de tout implant et donc, insensible au mal. Keran -c’est son nom- devra traverser bien des dangers avant de toucher au but.

Long voyage en terre hostile pour l’ancien militaire Keran. Si l’humanité a perdu nombre de ses moyens de se déplacer et de communiquer, elle en a conservé quelques-uns, tels le bateau et le zeppelin. Ce qu’elle n’a pas perdu, c’est sa capacité de nuisance, son besoin de domination et de s’enrichir. Tout au long de son périple –grandes cases, trait volontairement imprécis et couleurs saturées de Xavier Coste, on pense à Bilal, Lepage ou Loustal- Keran croisera quelques marchands prêts à exploiter sans vergogne les nouvelles failles creusées par le bug, des religieux aveugles à la réalité, des fonctionnaires aux ordres de l’ordre absurde et une foule de laissés pour compte, d’apparence rendus tous plus cinglés les uns que les autres par le mal qui les a touchés. L’ensemble du récit baigne dans une ambiance éthérée, on est sans cesse à la limite de la réalité et certains dialogues se révélent difficilement compréhensibles. Les étapes du voyage de Keran tournent au chemin de croix, dans une logique de succession pas toujours évidente non plus. On pense à « Apocalypse Now » de Coppola et donc au roman de Conrad qui l’a inspiré (et qui, de fait, se passait également en Afrique). S’il s’inscrit dans la veine du récit post-apocalyptique, « Le lendemain du monde » n’en reprend que peu de standards : pas de course-poursuite madmaxienne, pas de zombies affamés, ni d’amateurs de chair humaine version « The road ». Au contraire, le récit, presque contemplatif, tient plus du rêve éveillé (version cauchemardesque) dont on a du mal à saisir toute la logique. Celle-ci se fait pourtant jour dans la dernière partie, lorsque Keran atteint son but et que l’on comprend les raisons et les objectifs du recul de l’humanité, mais que la route fut donc longue ! À relire et re-relire pour en saisir toutes subtilités. 

 

Nicolas Fanuel

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