Le tueur : Tome 8 : L'ordre naturel des choses

Jacamon, Luc

Bande dessinée

Casterman, Ligne Rouge, 2010, 56 pages, 10 €

:) :) :) De plus en plus philosophe - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Le tueur : Tome 8 : L'ordre naturel des choses

Après avoir réussi -avec l'aide de la police cubaine- à ne pas accomplir la mission dont la CIA l'avait chargé (voir l'épisode précédent, 'Le Commun des Mortels', chroniqué dans EN 56) parce qu'elle lui semblait trop éminemment suspecte, le Tueur se voit chargé par ses nouveaux amis cubains d'une mission au Vénézuela, histoire de 'rembourser sa dette'. Il devra ainsi, grâce ses talents de tueur d'élite, supprimer quelques militaires putschistes coupables du renversement du président vénézuelien, allié des Cubains dans une sombre histoire d'exploitation d'un énorme et nouveau gisement pétrolier. Entre les Cubains, les agents de la CIA jamais très loin et ses amis du cartel colombien, Tueur a bien du mal à voir qui fait quoi et pour qui. De là à se sentir manipulé par tous en même temps, il y a un pas que certains jours il se verrait bien franchir allègrement, d'où son attitude de plus en plus prudente. Sans doute sa récente paternité, ses sentiments pour la mère de son fils et sa liaison de plus en plus sérieuse avec Katia, l'agent secrète cubaine, l'ont-ils rendu encore plus attaché à la vie, lui qui s'est fait une spécialité de l'ôter aux autres...

Deuxième partie d'une histoire entamée en 2009, « L'ordre naturel des choses » ne pourra être compris que par les lecteurs ayant effectivement lu le volume précédent. Et encore mieux compris par les habitués de cette série, tant les références au passé du Tueur sont fréquentes et les apparitions de personnages issus d'épisodes antérieurs, régulières. Inutile de faire croire le contraire, avec cette série consacrée à un personnage de tueur à gages, Jacamon et Matz nous livrent bel et bien une oeuvre dont la puissance, la saveur et l'intérêt ne peuvent s'apprécier en en picorant un volume çà et là. Les liens indissociables entre le politique et l'économique se retrouvent encore une fois sous les feux des projecteurs des deux auteurs. Et Matz d'en profiter encore une fois pour nous livrer les pensées agréablement cyniques et emplies de clairvoyance de son personnage sur la validité toute relative de nos démocraties.

Le fil de l'intrigue complexe et subtile déroulé ici démontre qu'aussi rapaces et déterminés soient les commanditaires, ils doivent néanmoins toujours s'en remettre à des exécutants, et que ces derniers, tel le 'Tueur', peuvent parfois se montrer philosophes, amoureux ou simplement assez intelligents pour ne pas se laisser berner. Encore une fois, la solidité du scénario de Matz, même si elle ne fait aucun doute, ne pourra s'apprécier pleinement qu'une fois ce cycle clos. Reste aux impatients à se repasser les superbes planches de Jacamon en boucle.

Nicolas Fanuel

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