Les naufragés du Métropolitain : tome 1 : Les rats de Saint-Eloi

Ordas, Patrice

Bande dessinée

Bamboo, Grand angle, 2015, 46 pages, 13.9 €

:) :) La face sombre de la Belle-Epoque - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Les naufragés du Métropolitain : tome 1 : Les rats de Saint-Eloi

Valentin Berneval ne connaît pas sa chance. Bien que sans qualification, il peut se targuer d'occuper un poste de valeur chez un bijoutier réputé de la place Vendôme. Même s'il n'est qu'apprenti, Valentin bénéficie de l'indulgence de Morchard, le maître des lieux, qui lui passe assez facilement ses frasques diverses et son effronterie pleine de gouaille. Nous sommes en 1910 et la Seine est à quelques centimètres de sortir de son lit. Dans la capitale, des bandes de malfrats revendiquent le contrôle de certains quartiers. Simples détrousseurs, certains se disent anarchistes et n'hésitent pas à trucider ceux qui osent se mettre en travers de leur route. Rémusat, alias « Le Fennec », s'impose comme le patron d'une de ces bandes : il règne sur quelques prostituées et se trouve toujours à l'affut d'un coup fourré. Lorsqu'il comprend pour qui travaille Valentin, ses plus vils instincts se mobilisent.

Plongée dans le versant le plus sombre du Paris de la Belle Époque, ce premier tome nous offre bien plus qu'une présentation du cadre et des personnages. En plus du lien qui s'établit entre Valentin et Le Fennec et des méfaits violents dont ce dernier se montre coupable, les auteurs nous font suivre la naissance d'un autre couple, celui formé par Louise Pommeraye -une employé de la bijouterie que Morchard a élevé comme sa propre fille- et par le mystérieux Henri Delaroche. Habillé comme Arsène Lupin et combatif comme James Bond, Delaroche a un jour tiré la jolie Louise du mauvais pas dans lequel elle s'était retrouvée dans le métro, ce qui lui valut certaines inimités, dont celle d'une bande de détrousseurs. Progressivement, le lien entre ces quatre personnages va se concrétiser et insuffler suspense et dynamisme au récit. Les lecteurs de « L'ambulance 13 » se retrouveront ici en terrain connu, puisque Patrice Ordas ne se dépare pas du soin qu'il apporte à ses dialogues (très imprégnés de l'argot parisien de l'époque), à son cadre historique (les inondations à venir) ni surtout à la solidité de son intrigue. Judicieusement et joliment mise en scène par le trait et le cadrage dynamiques et réalistes de Nathalie Berr, son scénario se révèle passionnant et drôlement attachant, vivement le tome 2 !

Nicolas Fanuel

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