Micmac moche au boul'mich

Barral

Bande dessinée

Casterman, 2015, 98 pages, 16 €

:) :) :) Suicide or not? - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Micmac moche au boul'mich

Quoi qu'en pense sa bonne amie, Paul Leverrier, l'étudiant retrouvé mort dans sa deuche par ce froid matin de novembre, s'était bel et bien suicidé. Nestor Burma, le privé qui met le mystère K.O., était allé jusqu'à se renseigner chez ses potes du Quai des Orfèvres. Tout le monde était d'accord sur ce fait : même si ses motivations demeuraient mystérieuses, l'apprenti médecin s'était lui-même administré le coup de pétard fatal. Maintenant, histoire de laisser le temps à la charmante fiancée d'admettre le truc, Burma était d’accord de creuser un peu les circonstances du décès. Il apprend vite que, le soir où il commit son geste fatal, Leverrier s'était rendu dans une fumerie d'opium en compagnie de son fournisseur habituel de drogue, un certain Van Straeten. Avant de rencontrer celui-ci, notre privé décide toutefois de poser quelques questions au père du défunt, un « costaud d'aspect sévère », veuf et médecin.

Neuvième adaptation d'un des titres du truculent auteur français Léo Malet (1909-1996), ce « Micmac moche au Boul'Mich » est aussi la deuxième signée par Nicolas Barral. Après avoir assuré cinq premières adaptations depuis le volume inaugural de 1982 (« Brouillard au pont de Tolbiac »), Tardi avait, en 2005, passé le relais à Emmanuel Moynot. En respectant l'univers graphique mis en place par ce dernier, Moynot avait, avec classe et efficacité, livré deux nouvelles aventures de Burma. En 2013, c'était au tour de Nicolas Barral de reprendre le flambeau avec « Boulevard...ossements », avant d'enchainer cette année avec ce volume qui ne dénotera pas dans le cycle, bien au contraire. Tout comme Moynot, Barral a recours à la couleur (là où Tardi privilégiait le noir et blanc intégral) mais, même s'il reste dans des tons pastel, sa mise en couleur (réalisée avec Victor de la Fuente) se révèle définitivement plus vive et parfaitement en phase avec le rythme soutenu de cette intrigue. Autre différence notable, ses personnages semblent plus proches de ceux de Tardi, les visages ayant retrouvé certaines rondeurs délaissées par Moynot. Le scénario se montre très cohérent par rapport aux titres précédents, via son côté touffu et labyrinthique aux personnages nombreux. Le soin apporté tant aux dialogues délicieusement rétros et plein d'humour qu'aux personnages joliment d’époque permet également de retrouver les jalons des épisodes passés. Rebondissements en cascade, scènes de bagarre physique et autres altercations verbales typiques, personnages fleuris : tout y est et c'est un délice, qui se clôture avec une dernière planche magnifique de poésie désenchantée.  

Nicolas Fanuel

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