WONDERBALL. TOME 1 : LE CHASSEUR

DUVAL, PECAU & WILSON

Bande dessinée

Delcourt, Série B, 2014, 55 pages

:) :) Balle magique - critique complète

Couverture
Couverture du livre: WONDERBALL. TOME 1 : LE CHASSEUR

San Francisco, août 1983. Perché sur le toit d'un immeuble, un tireur fou abat froidement 9 passants. Le tir est précis, d'une rare efficacité : 9 balles tirées en 10 secondes, toutes faisant mouche. Voilà qui rappelle de fâcheux souvenirs à l'inspecteur Spadaccini, en charge de l'enquête. En effet, chargé de la protection de JFK le 22 novembre 1963, il n'avait rien pu faire pour sauver le président, ni même des mois après lorsqu'il s'était agi d'élucider l'affaire. A l'époque, Spadaccini n'était pas le seul à s'étonner de la précision d'Oswald, le seul tireur désigné coupable et qui, a priori, n'avait aucun talent de sniper. Il s'était également étonné de l'arme utilisée, d'un calibre peu courant : le 6,5. Soit le même calibre que celui utilisé par le tireur fou de San-Francisco. Soupçonnant un lien entre les deux tueries, Spadaccini va tenter de retrouver ses anciens collègues de l'époque qui, tout comme lui, n'avaient jamais pu avaler les conclusion de la Commission Warren.

A l'image d'autres séries qu'ils scénarisent (« Jour J » ou « Le grand jeu »), Pécau et Duval s'inspirent ici de faits historiques avérés dont ils tentent une interprétation différente de celle qui prévaut dans les livres d'histoire. Si, dans certains de leurs scenarii, ils versent complètement dans l'uchronie, dans ce cas-ci, ils se contentent d'utiliser des faits isolés tirés de l'histoire récente pour les inclure dans une trame plus vaste et, pour le coup, complètement imaginaire. Et, à notre grand plaisir, la sauce prend plutôt bien : les personnages, pourtant nombreux, se révèlent rapidement aisément identifiables et crédibles et c'est avec intérêt que nous suivons leurs parcours au fil d'une intrigue qui ne manque ni d'originalité ni de rebondissements. Précisons que la grande maîtrise de Wilson, dessinateur chevronné aussi à l'aise dans le domaine du western (« Blueberry »), de la science-fiction (« Star Wars ») ou, comme il le prouve ici, du polar à tendance fantastique, contribue très largement à l'impression plus que positive laissée par cette lecture : son trait et son découpage dynamisent et clarifient une histoire qui aurait pu, entre les mains d'un dessinateur moins aguerri, tomber des nôtres. Vivement le tome 2 ! 

Nicolas Fanuel

Commentaires

Le classicisme du scénario est compensé par sa nervosité et une bonne idée: une progression de l'intrigue en temps réel, jours et nuits se succédant avec une régularité sans faille (une petite erreur d'ailleurs dans une bulle planche 37 qui place le premier crime "hier" au lieu d'"avant-hier").

Le dessin de Wilson est au diapason, efficace et nerveux, sans doute trop: le dessinateur semble avoir un peu foncé tête baissée dans son sujet et il en résulte un travail parfois un peu bâclé, particulièrement pour ce qui concerne les visages - trop changeants et les mains, systématiquement réduites à des moignons informes. Pour le reste, c'est un bon travail, dessin et scénario ne s’embarrassent pas de détails ni de complications, c'est du brut et ça se lit avec plaisir.

 

Compliments aussi au coloriste qui est visiblement aussi dessinateur.

 

Simon il y a 2 ans

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