American Gods

GAIMAN, Neil

Fantastique

Au diable Vauvert (Vauvert), 2017, 672 pages, 29 €

:) :) :) Ombre et lumière - critique complète

Couverture
Couverture du livre: American Gods

Période de cadeaux aidant, les éditions « Au Diable Vauvert » proposent la réédition d' « American Gods » ainsi que la publication d'une longue nouvelle « Le Monarque de la vallée », dus à un écrivain emblématique du fantastique et du réalisme magique, j'ai nommé Neil Gaiman. 

Ces ouvrages sont d'abord de superbes objets : reliés sous couverture de carton épais, auréolés d'une jaquette protectrice plastifiée, la typographie est lisible à souhait, donnant à l'exercice un sentiment de confort rare et appréciable mais ce sont surtout les illustrations de Daniel Egneus qui ponctuent les récits qui donnent aux livres leur cachet exceptionnel, les transformant en candidats idéaux pour être glissés sous les sapins de cette fin d'année. 

Les crayonnés tétanisants d'Egneus, auteur suédois prolifique, reconnu dans le monde entier, rehaussent l'étrangeté des récits de Gaiman et participent à l'élaboration d'une mythologie des personnages créés par l'auteur de « Coraline ». On pense un peu au visuel d'un Clive Barker (il est aussi un illustrateur passé maître dans l'expression de l'anormalité, du mystère et de la peur), les couleurs en moins, ce qui renforce le côté morbide et mystérieux des dessins.

Si les amateurs connaissent « American Gods » (et sa suite « Anansi Boys ») - un récit hallucinatoire qui mêle les dieux oubliés, émigrés dans l'Amérique moderne, en butte face aux réalités sociales et spirituelles d'aujourd'hui – ils seront heureux de découvrir « Le Monarque de la vallée », court récit qui reprend le personnage du roman, Ombre, échoué dans une Ecosse encore fort liée à son ambiance mystique. Désoeuvré, Ombre accepte la proposition de travail d'un énigmatique personnage : il devra, le temps d'un week-end, veiller au bon déroulement d'une fête grandiose, organisée par un riche local, dans un fastueux château que ne renierait pas Shirley Jackson. Interpellé par les personnalités ambivalentes, fantasques ou carrément déviantes des invités, Ombre ne tarde pas à découvrir un jeu pervers et cruel qui se déroule, chaque année, dans les cours de la bâtisse. Deux clans déclarés antagonistes se livrent à une sorte de bataille rangée, afin de perpétuer un rite aux racines de soufre. Et malheur au vaincus !

Lire Gaiman peut être perturbant si on aime coller à la réalité. A l'instar d'un Jonathan Carroll, il parvient à créer un réel alternatif où se côtoient les êtres humains et d'autres créatures dont l'apparence cache bien souvent la véritable nature (dieu, monstre, fantôme,…). Ce cocktail fonctionne parfaitement pour peu qu'on accepte le voyage ; la verve morbide et la puissance des images de l'auteur faisant admirablement le reste.

Seule...ombre au tableau : le prix relativement élevé de ces deux livres. Mais comme dit l'adage, quand on aime...Ne comptez donc pas, vous avez rendez-vous avec une excellence (dans tous les sens du terme). (EA)

 

Eric Albert

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