JOYLAND

KING, Stephen (Traduit par Gassie, N. et Biès, O.)

Fantastique

Albin Michel, 2014, 232 pages, 22 €

:) HOWIE...MAIS NON - critique complète

Couverture
Couverture du livre: JOYLAND

1973. Devin Jonesy, étudiant de 21 ans, est engagé pour l'été au parc d'attractions Joyland, en Caroline du Nord. Plongé dans l'univers forain dont il apprend bien vite les ficelles (l'art et la manière d'habiter la fourrure de la mascotte locale, « Howie » le chien ainsi que la « Parlure », le parler de la profession), Devin trouve à Joyland une sorte d'exutoire pour – enfin – oublier la délicieuse Wendy Keegan qui lui a brisé le coeur.

Un drame a endeuillé le parc quelques années auparavant : une jeune fille s'était faite trucider dans la « Maison de l'Horreur » et son meurtrier n'avait pu être appréhendé. Il se dit que, parfois, le fantôme de la victime, Linda Gray (1), apparaît à l'intérieur du manège, dans une position implorante.

Devin, lui n'a jamais rien vu, contrairement à son compagnon de labeur, Tom, qui en reste quelque peu perturbé.

La voyante de la troupe, Mme Fortuna, prédit à Devin que sa destinée croisera celle d'une petite fille mais aussi d'un petit garçon avec un chien. Le jeune homme ne prête pas beaucoup d'attention à ces délires jusqu'à ce qu'il sauve une demoiselle d'une mort par étouffement, en délivrant sa gorge d'un morceau de hot-dog coincé ; plus tard, il rencontre sur la plage le petit Mike, un gamin handicapé (et voué à une mort prochaine) en compagnie de sa mère, Annie, de laquelle il ne tarde pas à s'éprendre. Mike se révèle doué du pouvoir de vision et, lors d'une visite au parc organisée spécialement à son intention par Devin, il aperçoit le spectre de la demoiselle au serre-tête bleu.

Entretemps, ayant décidé de prolonger sa présence au parc d'attractions, Devin est alerté par Erin, une étudiante – la petite copine de Tom – sur le mystère de la jeune fille tuée dans la « Maison de l'horreur ». Sur base de quelques faits intrigants tirés de la presse par Erin, Devin se persuade que le tueur n'est peut-être pas aussi loin que cela. Il suffit d'apprendre à observer, à recouper les informations et ...à se tenir sur ses gardes.

« Joyland » est à considérer comme un roman un peu « à part » de la production kingienne. Ecrit pour une petite maison d'édition dont la philosophie est de remettre au goût du jour les courts récits policiers et de mystère publiés sous la forme de pulps (magazines au papier de faible qualité) dans les années '50 (2), ce petit roman – bien que très agréable à lire et porteur de quelques surprises et rebondissements du meilleur effet – apparaît un peu léger. Les personnages stagnent à un niveau caricatural et l'émotion, la nostalgie ainsi que la terreur que le texte voudrait nous faire ressentir n'arrivent pas à s'exprimer pleinement. Tout en étant construit et addictif – la magie de l'auteur, sans doute - « Joyland » manque de souffle. On peut en outre, peut-être, reprocher au récit de se servir, une fois de plus, du pouvoir du « shining ». Au final, « Joyland » est un King mineur – dans tous les sens du terme – idéal pour initier un nouveau lecteur à son univers.

A noter le quatrième de couverture qui ne donne qu'une vague – et fausse – idée du contenu du livre : il n' y a pas le moindre clown à Joyland et, mis à part le caractère initiatique du récit, je ne vois pas en quoi ce titre serait « dans la lignée de Stand by me ». 

(1) nom de l'actrice principale de la série « Dynastie »

(2) « Colorado Kid » a aussi été écrit pour cette maison d'édition

Eric Albert

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