JUSTE AVANT LE CREPUSCULE

KING, Stephen (Traduit par Desmond, W. O.)

Fantastique

Albin Michel, 2010, 412 pages, 22 €

:) :) :) OMBRES ET TROUILLARDS - critique complète

Couverture
Couverture du livre: JUSTE AVANT LE CREPUSCULE

+3 Juste avant le crépuscule : nouvelles / Stephen King ; traduit de l’anglais (Etats-Unis) par William Olivier Desmond. – Albin Michel, 2010. – 412 pages. – 22 €

Pourquoi donc encore offrir un bout de tribune à Stephen King ? Pourquoi promouvoir ses livres ? S’il y a bien un auteur qui a réussi à imposer son nom aux firmaments littéraires et cinématographiques, n’est-ce pas lui ? N’a-t-il pas suffisamment de fans pour assurer une confortable rentabilité à ses romans ?

Oui, c’est vrai. Mais passer à côté de sa production, au prétexte qu’il n’a pas besoin de reconnaissance supplémentaire, c’est un peu comme se priver de bougies sur un gâteau d’anniversaire.

N’en doutons pas : il y aura des hordes de critiques pour descendre Stephen King de son autel, lorsque ce qu’il écrira sera devenu véritablement abscons, mauvais ou par trop routinier.

Mais ce n’est pas encore le cas : « Juste avant le crépuscule » est certainement le meilleur recueil de nouvelles de King, après l’indécrottable « Danse macabre ». Dans ses treize récits, King déploie toute sa palette d’écrivain. Se montrant tour à tour humaniste (il s’attache à la vie de ses personnages, nous décrit leur quotidien, nous montre du doigt leurs angoisses, nous les rend aussi familiers que ce voisin avec lequel on partage un barbecue, l’été), critique social, pervers ou pétri d’ironie, le Maître nous invite dans une sarabande infernale où les sentiments se mêlent à la répulsion, l’admiration à la peur, et la vie…à la mort.

En usant de thèmes traditionnels tels que les mondes parallèles (N), la survie (Willa), le rêve prémonitoire (le rêve d’Harvey), l’animal maléfique (Le chat d’enfer), la fin du monde (fête de diplôme),  la folie meurtrière (Aire de repos – Un très petit coin – La fille pain d’épice), King nous parle de nous-mêmes, de nos soucis quotidiens, de nos troubles psycho-physiologiques (les Troubles Obsessionnels Compulsifs, la maladie létale, l’obésité, le désir de vengeance, l’éclatement familial, la paranoïa terroriste,…). Plus que jamais, le surnaturel de Stephen King se fait le complice du quotidien, de la normalité, tout en posant la question de la légitimité de celle-ci. L’homme qui se cache derrière son Macintosh a très bien saisi l’ironie de l’existence, sa fragilité (oui, l’accident qu’il a subi en 1999 le hante encore) et surtout l’universalité de la vie. Lire King c’est comme s’offrir une incursion dans l’inconscient collectif de l’individu humain et tirer plaisir de voir ce miroir intérieur tordu puis fracassé par une poigne de terreur.

Rendons nous à l’évidence : King est en grande forme. Ce qui laisse présager le meilleur du très attendu « Under the dome » (1500 pages !!!!) et de la séquelle promise de son « Shining » fondateur.

Mais, car il y a un mais…

Je tiens les éditions Albin Michel en grande estime. Leur catalogue m’a donné le terreau de bien des nuits blanches. Je crois également percevoir la grande complexité du métier d’éditeur, qui doit allier précision et rapidité. Mais cela suffit-il pour expliquer les très (trop) nombreuses fautes de typographie, voire d’orthographe, qui sont légion tout au long de ce volume. Entre les « Willa » qui se muent en « Wilma » (page 39), les « de », « en » ou « se » qui passent à la trappe, au gré des pages 362 ou 49, 412 et 156… J’en passe et des pires. Ces coquilles, qu’un œil aguerri voit très facilement, provoquent à chaque fois un obstacle dans la lecture, donc dans le déroulement du récit et ramène bien souvent le lecteur, depuis le monde fantasmé qu’il parcourt le cœur battant,  à la dure réalité de la feuille de papier et de l’encre qui constituent l’ouvrage.

Dommageable, car récurrent (la même remarque avait été formulée pour « Duma Key »). Surtout pour le prix. Car même s’il n’est pas surfait, il est suffisamment important pour donner au lecteur le degré de perfection attendu. (EA)

 

Eric Albert

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Maintenant disponible en poche, chez Le Livre de Poche.

Club Stephen King il y a 5 ans

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