L'homme-feu

HILL, Joe (Traduit par Chainas, Antoine)

Fantastique

Lattès, 2017, 700 pages, 23 €

:) :) :) Tout feu tout flamme - critique complète

Couverture
Couverture du livre: L'homme-feu

Oui, Joe Hill est le fils de. C'est à lui que Stephen King dédicace le livre « Shining – L'Enfant lumière » en ces termes : « à Joe Hillstrom King, qui rayonne ». Le rejeton n'a cependant pas voulu endosser le patronyme paternel afin qu'il puisse s'épanouir de manière autonome dans le monde de la littérature fantastique. Alors, oui, Joe Hill partage un univers d'imagination semblable avec son père (il écrit dans la même veine et ne se prive pas de quelques références), oui il apparaît plutôt à l'aise dans sa façon d'utiliser le langage écrit, oui il s'y entend pour construire des récits intelligents, intrigants et qui amènent leur lot de frissons. 

Au fil d'une œuvre qui commence à peser, Joe Hill s'est affirmé, amélioré, sublimé. Des maladresses pardonnables du « Costume du mort », du côté pas vraiment abouti de « Cornes », l'auteur a su poser les jalons d'une carrière prometteuse, s'imposant avec « Nosfera2 » en tant que créateur d'univers cohérents dans leur effroyable description. 

« L'Homme feu », dont les droits d'adaptation cinématographique sont d'ores et déjà acquis (Fox) représente l'étape suivante de la progression du rejeton : un roman dense, original, aux personnages typés et réalistes, évoluant dans un paysage dantesque recelant mille dangers.

La terre ploie et se meurt par l'action d'un mystérieux champignon qui, s'il imprime ses circonvolutions noirâtres sur la peau des hommes et des femmes, finit par les vouer à une combustion spontanée aussi horrible qu'inévitable. Les morts se comptent par millions, les sociétés dépérissent et sombrent dans la panique et la paranoïa. Rien ne semble pouvoir enrayer le fléau. Harper est infirmière dans une école. Quand l'épidémie s'empare de sa communauté, elle se met naturellement au service de l'hôpital et y est confrontée à la dure réalité des mourants en sursis, dans l'attente de leur transformation en cendres. Bien malgré elle, elle s'expose aux miasmes et ne tarde pas à se découvrir de jolis tatouages sur le corps. Son mari, déjà résigné, aimerait lui offrir une mort commune et indolore, par la prise de cachets à haute dose mais Harper s'y refuse. Elle est habitée par un espoir organique...et elle est déterminée à donner naissance à l'enfant qu'elle porte depuis peu. Si elle survit jusqu'au terme. Menacée par son mari qu'elle a pourtant foutu à la porte, Harper quitte son foyer en compagnie d'un homme énigmatique, John Roodwook, « l'homme feu », un dérivé fantomatique de messie, qui pourrait empêcher la maladie de se développer. Il vit sur une île isolée qui ne souffre aucun visiteur. Ses adeptes survivent dans un camp organisé, dans la forêt, où ils apprennent, par la pensée et la prière, à maîtriser le feu qui menace de les dévorer. Malgré les privations, malgré la peur, Harper commence à s'intégrer au groupe et, s'il lui arrive de se réveiller avec un vêtement enflammé, elle parvient petit à petit à gagner l'état d'esprit nécessaire à sa pérennité. Mais qui est vraiment Roodwook, l'Homme Feu ? Quels sont ses desseins ? La terre est-elle condamnée ?

Commençant sur des chapeaux de roue, le roman s'enlise un peu dans sa deuxième partie (le livre en compte pas moins de sept) -l'intégration de l'héroïne dans la communauté de Roodwook – avant que l'intensité et l'imagination ne reprennent la cadence.

Imprimé en caractères un peu trop petits pour permettre un confort de lecture optimal, « L'Homme feu » fera cependant date dans la production de l'auteur. Un nom à suivre plus que jamais. Et avant tout pour lui-même.

Eric Albert

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster