La dernière nuit à Tremore Beach

Santiago, Michel (Traduit par Valentin, Delphine)

Fantastique

Actes Sud, 2016, 336 pages, 22 €

:) :) Rêves prémonitoires? - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La dernière nuit à Tremore Beach

Mikel Santiago a sans doute beaucoup lu Stephen King. Sans doute même qu’il l’apprécie et qu’il laisse l’inspiration du maître l’investir sans rechigner. Faut dire qu’on peut redouter pire influence, surtout quand elle est se révèle aussi joliment mise à contribution ici. Jugez plutôt.

L’intrigue du premier roman de ce jeune auteur espagnol (il est né en 1975) prend place en Irlande, dans le comté de Donegal, et plus précisément à Clenhburran, petit patelin paumé où vivent 150 habitants en saison morte, 4 à 5 fois plus en été. Le paysage est superbe : récifs escarpés, vertes vallées, tourbières et autres plages venteuses le composent. C’est sur la plage, à l’écart du village, dans une villa perchée et isolée qu’a décidé de se retirer le compositeur Peter Harper, en panne d’inspiration, trop fraîchement divorcé et depuis trop longtemps séparé de ses enfants restés avec leur mère aux Pays-Bas. C’est justement quelques jours avant que ses enfants ne viennent passer 15 jours avec lui à l’occasion des vacances scolaires que d’étranges phénomènes assaillent Peter. Illusions ? Visions ? Rêves prémonitoires ? Ceux-ci commencent après que Peter ait été frappé par la foudre par une nuit de tempête. Le soir même, une voix lui avait soufflé de ne pas quitter son domicile. Il n’en avait pas tenu compte et s’était malgré tout rendu chez les Kogan, ses plus proches voisins, qui l’avaient invité à dîner. C’est en rentrant chez lui que la foudre l’avait touché, sans toutefois lui occasionner plus qu’une commotion. Miraculé, il vivait depuis d’intenses cauchemars dans lesquels il revivait à chaque fois la même scène, plus précise à chaque épisode : une bande de malfrats l’agressait, lui et sa famille, ainsi que les Kogan, laissant derrière eux plusieurs cadavres.  

Comme dans certains romans de l’auteur américain précité, tout le suspense réside ici dans une attente, certes ponctuée de suffisamment d’événements perturbants pour la rendre finalement passionnante, mais attente quand même d’un drame qui se révélerait d’une tout autre ampleur et qui nous est annoncé tout au long du récit. Les visions de Peter s’avèreront-elles ? Grâce à elles, pourra-t-il inverser le cours des choses ? Tout est là, et Mikel Santiago distille à point nommé les moments d’angoisse pour maintenir un suspense dont il est difficile de se détacher. C’est avec empathie que nous suivons les démêlés de Peter et des siens, tant ils apparaissent crédibles. C’est bien là une des forces du roman : malgré l’étrange « don » du personnage principal, il force immédiatement l’adhésion et s’il était notre ami, nous mettrions tout en œuvre pour lui venir en aide, sans douter de ce qu’il raconte. Une réussite, une belle découverte, un auteur à suivre. 

Nicolas Fanuel

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