Les disparus de Mapleton

PERROTTA, Tom (Traduit par Emmanuel Ertel)

Fantastique

10/18 (Paris), 2015, 470 pages, 8.8 €

:) :) Papaoutai - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Les disparus de Mapleton

Le “Ravissement” a eu lieu. Il a emporté des millions d’hommes et de femmes à travers le monde, disparus à jamais. Pour ceux qui restent, outre le questionnement existentiel (qui est à l’origine de ce ravissement, et les disparus sont-ils autant graciés (pour leurs bons actes sur terre) ou punis), la vie qui continue à inévitablement un goût de trop peu. On se raccroche à tout ce qui apparaît comme étant déjà en perdition. Faut-il poursuivre une existence conventionnelle, travailler, aller à l’école, consommer, rire, pleurer, sans trop se poser de questions ? Ne vaut-il mieux pas grossir les rangs de la secte des “Coupables Survivants” qui se vouent à la vie en communauté fermée sous la férule d’un Maître dans l’attente d’un fils prodigue. Contraints au mutisme, à l’isolement et à une tabagie excessive, les illuminés sont-ils aussi inoffensifs qu’il en ont l’air ? Ne sont-ils pas au contraire une menace, une sorte de bombe à retardement qui sonnera quand elle explosera le glas de la société ? Au travers de la vie de quelques personnages (une femme qui décide de tout quitter pour rejoindre la secte ; leur fille qui se livre à tous les excès ; son frère qui parcourt le pays en compagnie d’une jeune fille enceinte du “Messie” attendu par le charismatique Saint-Wayne,...) Tom Perrotta, déjà remarqué pour son “professeur d’abstinence”, démonte les rouages d’une vie apparemment bien rangée et rassurante. Sans livrer de réponse quant à l’origine du Mal, sans offrir de réelle rédemption à ses personnages, il façonne une fable moderne à la morale déviante.

Adapté pour la télévision sous le titre de “The Leftovers”, “Les Disparus de Mapleton” a été qualifié par Stephen King comme “le meilleur épisode de la Quatrième Dimension”, d’après la série culte des années ‘60. Sans aller jusque là, - ah, ces effets d’annonce -  je dirai simplement que ce livre est à même de vous procurer quelques moments de plaisir de lecture intense. Et, peut-être, remarquerez vous, comme moi, ces étranges lettres mêlées (hybride de p et de b qui s’entrecroisent) çà et là, au fil des pages. Coquilles qui étaient absentes de la version en grand format. 

Eric Albert

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