NOSFERA2

HILL, Joe (Traduit par Chainas, A.)

Fantastique

Lattès, 2013, 621 pages, 22.9 €

:) :) :) LE PONT ENTRE LES MONDES - critique complète

Couverture
Couverture du livre: NOSFERA2

Toute affaire cessante, plongez dans ce troisième roman de Joe Hill : vous tenez là son livre le plus abouti, le plus ambitieux et le plus réussi ! Doté d’une imagination débordante, Hill a maintenant atteint la maturité qui faisait les petits défauts du « Costume de la mort » et de « Cornes ». « Nosfera2 » se révèle, à plus d’un titre, comme un véritable chef d’œuvre.

Le méchant de service, Charlie Manx, mi vampire psychique, mi tueur en série, prend place parmi les plus horribles figures de la littérature de terreur. On n’a plus ressenti un tel sentiment d’aversion et de peur depuis le clown grippe-sou de « Ca » et cette référence parle d’elle-même.

Je ne vais pas, comme d’autres l’ont fait ad nauseam, me lancer dans une étude qui tendrait à relever les nombreuses références faites à l’œuvre de son père par un Joe Hill qui est à présent parvenu à trouver sa voie personnelle (et diablement efficace) ; à peine relèverai-je ce procédé stylistique qui consiste à suspendre une phrase « climax » en son milieu pour l’achever au chapitre suivant.  Disons qu’il s’agit d’un hommage filial. Pour le reste, ne perdons pas de vue que le fantastique, comme d’autres genres connexes, possède ses propres codes et ses propres éléments d’inspiration. Qu’un même sujet se retrouve dans deux œuvres différentes n’est pas exceptionnel !

Un mot sur l’histoire : la petite Vic Mc Queen, à bord de son vélo Raleigh de garçon, possède le don étonnant de faire apparaître un pont suspendu fictif qu’elle emprunte pour rejoindre en un instant des endroits parfois très lointains ; là où elle atterrit, elle retrouve souvent des objets disparus. L’innocence de ce don est pervertie par l’existence d’un certain Charlie Manx. Manx est un être dont l’âge et la nature  sont indéfinis. A bord d’une vieille Rolls qui semble doué du pouvoir de régénération, il est suspecté d’enlever des enfants afin de les emmener dans un pays merveilleux dénommé Christmasland. Ce pays n’existe que dans l’esprit du monstre, il est ce qu’il appelle une extrospection mais le fait est qu’il s’est rendu capable d’y emmener physiquement des enfants, leur promettant monts et merveilles – alors que son dessein est de se nourrir psychiquement de ses victimes.

Lancé sur la trace de Vic McQueen, dont il redoute le don, Manx réussit une première fois à l’emprisonner dans sa demeure, la maison de Sangtaclaus, mais la fillette parvient à s’échapper et à faire arrêter l’individu.

Interné dans un hôpital psychiatrique, Manx décède des années plus tard, avant de disparaître corps et âme. C’est à ce moment que Vic, devenue mère de famille, reçoit d’étranges coups de téléphone d’enfants qui lui vantent les vertus de Christmasland…Peu après, son propre fils, Wayne, est enlevé sous ses yeux.

Alors que la police se perd en conjectures – et prend invariablement les délires de Vic pour la manifestation avérée de la folie – la mère de famille, déterminée à retrouver son fils, décide d’utiliser à nouveau son don. Avec l’aide de son mari, Lou Carmody, elle se met à traquer Charlie Manx, revenu de l’au-delà. Mais Christmasland recèle bien des dangers, à commencer par les enfants qui y habitent. Parviendra-t-elle, au mépris du péril, à arracher Wayne à la magie perverse de l’endroit, avant que celui-ci ne soit définitivement transformé en pantin à la solde de son ravisseur ?

La richesse du roman s’illustre dans la maîtrise de l’intrigue, dans la psychologie des personnages, dans la description de quelques scènes mémorables, toutes en tension et en émotion, ainsi que dans un final qui, plus qu'original, confère à l’œuvre une cohérence intéressante.

Le seul bémol à relever – mais il s’agit d’un point de vue personnel – réside dans l’aspect physique du volume : ses pages irrégulières dans leur largeur porte atteinte à la maniabilité du livre et constitue un obstacle à l’envie pressante qui étreint le lecteur, à savoir, tourner les pages le plus vite possible !

« Nosfera2 » est une vraie réussite. Et Joe Hill un écrivain à part entière avec lequel il faudra définitivement compter (EA)

Eric Albert

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster