PLEIN GAZ

HILL, Joe & KING, Stephen (Traduit par Chainas, A.)

Fantastique

Lattès, 2013, 110 pages, 6 €

:) :) POUDRE D'ESCAMPETTE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: PLEIN GAZ

 

« C’est le père et le fils » se disait-on en les voyant. Cet incipit de Salem convient parfaitement pour disserter un instant sur l’association de Stephen King avec Joe Hill, à l’occasion de la sortie du – très – court récit « Plein gaz ».

Aux Etats-Unis, un recueil de nouvelles en hommage à Richard Matheson, décédé récemment, a vu le jour sous le titre « he is legend ». Parmi les histoires collectées figure ce « Plein gaz » qui est en fait une déclinaison du thème de la nouvelle du génial écrivain « Duel ». Souvenez-vous, cette voiture poursuivie inlassablement par un énorme camion ayant décidé – pour d’obscures raisons - de la réduire en bouillie. Tous les amateurs de fantastique et de suspense ne peuvent ignorer ce texte, pas plus que le film qui en fut tiré, réalisé par un Steven Spielberg qui en était alors à ses débuts.

Bien que, d’après mes filles, de délicieuses grandes adolescentes, le film apparaît poussif, sans réelle tension et répétitif (« tu imagines, tenir une heure et demie avec cette histoire de poursuite incongrue ! »), je tiens cette aventure  pour essentielle car elle exploite le thème de la terreur de la plus élémentaire des façons.

King père et fils ont choisi de remplacer la voiture par une bande de motards lancés sur une route désertique ; en fuite suite à une affaire de trafic de drogues qui a mal tourné – une jeune fille y a perdu la vie – le groupe est subitement pris en chasse par un semi-remorque lancé à pleine vitesse qui n’hésite pas à renverser – et accessoirement écraser -  plusieurs d’entre eux. Afin de tenter d’échapper à la mort, un père, Vince et son fils, Race, dont les relations sont à tout le moins tendues, échafaudent un stratagème destiné à emmener le camion sur une mauvaise piste.

« Plein gaz » n’a, en soi, rien de vraiment exceptionnel. Il s’agit d’un récit rondement mené, dans lequel le talent des deux auteurs se confondent et se marient à la perfection. De quoi ménager un bon moment de lecture et de convaincre les plus rétifs que Joe Hill peut lui aussi raconter des histoires avec brio. Il ne faudra pas deux minutes pour que ceux-ci se jettent, avec raison – sur le fabuleux « Nosfera2 » dont nous parlons ailleurs dans ce numéro.

Un King double dose pour à peine 6 euros. Le deal est correct. Marché conclu.

 

Eric Albert

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster