POUR UN CENTENAIRE : THOMAS OWEN ALIAS STEPHANE REY ALIAS GERALD BERTOT

COLLECTIF

Fantastique

Les Intimes de Thomas Owen, 2010, 80 pages

:) :) :) EN QUETE D'UN HOMME - critique complète

Couverture
Couverture du livre: POUR UN CENTENAIRE : THOMAS OWEN ALIAS STEPHANE REY ALIAS GERALD BERTOT

« Te rends-tu bien compte, me disait Jean-Louis avec la lueur goguenarde qui parfois gagne ses yeux, que tu vas rédiger une chronique sur un livre qui n’est déjà plus disponible ? »(1)

Car c’est là avant tout un bel objet : papier glacé, photos de grande qualité, mise en page qui donne vraiment envie de se plonger dans la lecture intégrale, la brochure est attrayante.

Les textes d’ouverture, que l’on doit à Jean-Gérald et Colette Bertot (les enfants de Thomas Owen), à Marc Lobet (metteur en scène), à Mme Anna Soncini Fratta (professeure à l'Université de Bologne), à Jean-Baptiste Baronian (écrivain) et à…Jean-Louis Etienne (libraire et rédacteur pour Encre Noire (sic !)), participent tous à un recadrage ludique du personnage Owen-Rey-Bertot (« tous trois sont un seul même personnage, lui aussi, pluriel ») sur un mode tantôt intimiste, tantôt scolaire. Apparaît l’homme, simple, amoureux de la lecture et aspirant à une solitude inspiratrice (Bertot), le critique d’art (Rey), le maître de la nouvelle fantastique et du conte macabre (Owen).

Suit un recueil de textes qui nous fait entrer encore plus avant dans la perception owenienne de l’existence. Car l’artiste note tout, observe et manie l’émotion en de multiples occasions. A l’image de ce Mr Arsène, quidam derrière lequel il se cache dans les pages du « Vingtième siècle », il « connaît les petites faiblesses de l’humanité. Il en sourit. Comme il sourit de sa manie de se peigner les moustaches (…) Cynique et généreux, il cherche le fond des choses par curiosité et le fond des hommes par machiavélisme ». Et on vit ses souvenirs, on partage la solennité de l’enterrement d’un chien, on visse en même temps que lui une casquette sur sa tête et on voit le monde avec d’autres yeux… Car c’est çà Owen. Un magicien des mots, un formidable cameraman qui traduit les images en flamboyances magnifiques mais aussi obscures et menaçantes, avec une réelle économie de moyens.

Les nombreuses photos de famille qui émaillent l’écrin d’hommages nous donnent l’impression que la famille Bertot est aussi un peu la nôtre. Une famille ordinaire, qui a connu les événements courants de toute existence jugée « normale ». Avec, cependant, quelques éclats de truculence, comme la légende qui voudrait que Gérald Bertot soit un descendant du grand Napoléon, par le truchement d’une aventure extraconjugale, ou cette carte de démission savoureuse, piquante d’innocence, que le petit Bertot avait rédigée suite à l’échec d’un examen au grade de Caporal à la garde du Drapeau…

La brochure « Pour un centenaire » s’adresse aux collectionneurs, aux férus amateurs des récits de Thomas Owen. Mais le profane y trouvera également toute une palette d’émotions vraies, humaines, qui, en éraflant quelque peu l’aura de mystère qui a toujours caractérisé cet étrange bonhomme au crâne chauve et aux yeux bleus, nous le font davantage apprécier par sa dimension « intérieure », sa lucidité et son humilité qui ne le quitteront pas jusqu’aux portes du néant. Du travail d’orfèvre qui force le respect. (EA)

(1) En  réalité, il reste quelques dizaines d’exemplaires disponibles à la vente chez Jean-Gérald Bertot, Rue Chérombou 10, 5374 MAFFE (0495 63 82 51) et durant l’exposition « Thomas Owen 1910-2010 », à l’Espace Wallonie de Bruxelles durant l’exposition, du 16 septembre au 17 octobre (25-27, rue du marché aux Herbes, 1000 Bruxelles, ou sur le site :http://thomas-owen.blog4ever.com . Le prix est de 13,00 €.

 

Eric Albert

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