Troupe 52

Cutter, Nick (Traduit par Fontaine, Eric)

Fantastique

Denoël, 2017, 448 pages, 21.5 €

:) VOYONS CE QUE TU AS DANS LE VENTRE... - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Troupe 52

Une unité scout passe quelques jours sur une petite île réputée déserte, afin d'expérimenter l'instinct de débrouillardise et de survie. Encadrés par le chef Tim Riggs, les adolescents se plaisent à s'effrayer par des histoires bien lugubres, bien en phase avec l'atmosphère de l'endroit. Jusqu'au jour où un homme, terriblement émacié et semblant souffrir d'une faim inextinguible, arrive au camp...pour y mourir.

Interpellé et désireux de savoir de quoi a bien pu succomber le malheureux, Riggs décide d'inciser une des nombreuses plaies qui parsème son corps...Il délivre ainsi une abomination destructrice qui va transformer chacun des invités de l'île en proie potentielle. Le Mal est à l'oeuvre, né d'une expérience scientifique qui a mal tourné et il n'a d'autre volonté que de se répandre et de se nourrir, encore et encore, quel que soit la matière organique qui s'offre à ses dents.

Les secours pourtant appelés n'arrivent pas. Il faut se rendre à l'évidence, la troupe est abandonnée à son propre sort, funeste et inéluctable. Le chef Riggs meurt lui aussi, les garçons succombent un à un à la folie dévoreuse et à la transformation de leur organisme qui ne cesse de délivrer des vers, spores et autres horreurs biologiques.

Pendant ce temps, sur le continent, le scandale des prétendues pilules amaigrissantes miracle n'épargne plus personne : si, au départ, la bactérie mise au point par des biotechnologistes était prometteuse pour faire fondre les graisses en un temps record, elle est rapidement passée hors de contrôle de ses géniteurs. Rien d'anormal de découvrir que des entreprises liées à l'armement chimique et bactériologique ont financé le projet. Un cobaye humain a pris peur, s'est enfui et menace à présent de contaminer chaque endroit qu'il foulera de son corps modifié. Dès lors, la solution ne réside-t-elle pas dans le bombardement nucléaire de l'île sur laquelle un groupe d'enfants affolé tente par tous les moyens de rester en vie ?

Roman coup de poing, « Troupe 52 » n'a pas l'originalité attendue d'un phénomène littéraire : le savant fou, la création qui échappe au contrôle, la contamination bactériologique, la survie dans un lieu isolé, la transformation organique, ...tout cela est déjà vu et revu. On pense à la lecture à des titres comme « Dreamcatcher » de Stephen King (auquel l'auteur semble voué un culte, reprenant la structure narrative de « Carrie » par l'entremêlement de prose linéaire et d'articles de journaux, d'interviews et autres incises) ou de films comme « Alien » (pour l'accouchement de monstres par le ventre). Non, ce roman ne devrait pas rester dans les annales. Il a pour moi, la carrure d'un titre de la défunte collection « Gore » de Fleuve Noir, c'est-à-dire des romans où l'horreur ultime, le sang, la violence et la folie tiennent le haut du pavé.

L'auteur (le pseudonyme de Craig Davidson, père de « De rouille et d'os ») s'est visiblement défoulé lors de l'écriture de son récit par lequel King lui-même a reconnu avoir été terrifié (sûrement à l'aide d'un gros chèque à la clé…) et le texte porte la caractéristique d'alterner les descriptions d'une nature préservée, poétique et celles du déferlement d'une sauvagerie sans limites : ça saigne, ça éclate, ça bouillonne, ça éclabousse, ça suinte, ça perle, ça coule, suppure, éjacule, bave, troue, déchire, explose, démembre, brûle, déchiquette, transforme, déforme, tressaille, assaille, distend, pourfend, presque à chaque page, pour le plus grand plaisir des amateurs pervers de ce genre de littérature rouge sang.

A réserver aux lecteurs prévenus et à consommer si possible, hors des repas.

Eric Albert

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