L'EPOUSE DE BOIS

WINDLING, Terri (Traduit par Lambadaris, S.)

Fantasy

Les Moutons électriques, 2010, 315 pages, 26 €

:) :) :) Quand Maggie rencontra le Mage... - critique complète

Couverture
Couverture du livre: L'EPOUSE DE BOIS

L’épouse de bois / Terri Windling ; traduit de l’anglais par Stéphan Lambadaris. – Les Moutons électriques, 2010. – 315 pages. –  (La bibliothèque voltaïque). - 26 euros.

Maggie Black est écrivain et auteur d’essais sur la poésie. Lorsque l’un de ses correspondants réguliers, Davis Cooper, décède, elle apprend qu’il lui a légué tout son héritage. Lui-même était poète, et Maggie avait toujours souhaité écrire sa biographie. Ce legs étant perçu d’elle comme une autorisation posthume, elle décide de s’installer dans sa maison…près de Tucson, en Arizona. Maggie arrivera-t-elle à quitter Los Angeles, et surtout l’influence de son ex-mari ? N’est-ce pas dangereux  pour une femme, seule en plein milieu des montagnes désertiques ? Le mystère entourant la mort de Cooper doit aussi entrer en ligne de compte : Il a été retrouvé noyé, dans un lit de rivière asséché ! Sa maison a été mise à sac, mais aucun objet de valeur ne semble avoir été volé.

Seules 6 habitations constituent l’implantation humaine dans la vallée, dont certaines appartiennent désormais à Maggie. Elle pourra bien compter sur ses voisins pour l’aider à mettre de l’ordre dans la vie de Davis Cooper et de sa femme adorée, Anna Naverra.

Diable, que ce roman est original ! Déjà ne fût-ce que parce que l’auteur a placé un univers féerique en plein Arizona ! Point de forêts mystérieuses, d’inspiration celtique, ou de mythes scandinaves. Ici les points d’eau serpentent entre les rochers coupants ; les Navajos ont laissé des traces de leur légendaire, et la culture hispanique a la part belle. Un décor que Terri Windling connaît bien, pour s’y être installée récemment.

Sensible à sa faune et sa flore, elle prend son temps pour nous en décrire l’atmosphère, la chaleur, la solitude à laquelle il renvoie. Certains diront qu’il ne se passe pas grand-chose, dans ce livre. Je ne dirais pas cela. Simplement son propos et ce qu’elle veut faire sortir de ses lignes exigent une approche lente, tout en contemplation. Amateurs de guerriers assoiffés, de batailles sanglantes, et d’orques belliqueux, passez votre tour, ou ouvrez votre esprit à la poésie. Car elle est au centre de tout, et même si ce genre littéraire ne vous émeut point (j’en suis), il est tout à fait buvable de lire l’une ou l’autre strophe de Neruda ou de Rilke.

La quête, ou plutôt les recherches de Maggie concernant Davis Cooper sont aussi fascinantes, et constituent le deuxième intérêt du livre (après un cadre magnifié). La correspondance du poète nous est largement dévoilée. Malheureusement, Davis Cooper n’était plus qu’imbibé de gin, depuis la mort d’Anna. A demi-mot, il évoque, parmi les coyotes et les cactus, d’autres créatures, qui se retrouvaient également dans les tableaux d’Anna. En témoin privilégié, le lecteur voit certaines d’entre elles évoluer sous ces yeux. Leur mode de fonctionnement et de pensée est fort intriguant, et capte notre intérêt : Qu’est l’Homme-Cerf, exactement ? Que cherche la Meute, dans la maison de Cooper ? La Sorcière aux épines est-elle bénéfique ? Qui est le septième Mage ? Ces êtres sont invisibles de la plupart des humains, et pourtant apparaissent à certains, dans d’étranges circonstances. Est-ce l’un d’eux qui a tué Cooper ?

A défaut de vous le faire offrir, vous devrez débourser 26,00 euros pour ce premier roman. Il paraît donc nécessaire de le justifier en faisant plus ample connaissance avec l’auteur et la maison d’édition, inconnus de moi auparavant :

Terri Windling est plus connue en tant qu’éditrice fantasy ou auteur d’anthologies. « L’épouse de bois » est son premier roman pour adultes. C’est l’œuvre du peintre britannique Brian Froud qui l’a principalement influencée. Son tableau « L’épouse de bois » (qui constitue l’illustration de la couverture) a d’ailleurs son importance dans le récit. Les spécialistes de la fantasy, cinéphiles ou pas, auront reconnu le nom de Froud : C’est lui qui a dessiné les créatures de « The dark Crystal » et de « Labyrinth ». Les décors de ces classiques ont été inspirés par son œuvre picturale. Il est également l’auteur de nombreux livres sur les fées et l’univers fantasmagorique (certains traduits en français, dont « Les fées »).

Quant à la collection « La bibliothèque voltaïque », voyons sur moutons-electriques.fr ce qui en est dit : elle « réunit en de forts volumes avec préfaces et para-texte, des classiques modernes des genres de l’imaginaire, des œuvres « cultes » qui n’avaient pas fait l’objet d’un travail éditorial correct auparavant, ou menaçaient de glisser dans l’oubli ». Elle comporte actuellement 28 titres, dont certains auteurs nous sont connus : Stephen Fry, Michel Jeury,…

« L’épouse de bois » a obtenu le Prix Mythopoeic de 1997. C’est une petite merveille, assurément ! Espérons que malgré les obstacles évoqués ci-dessus, le livre trouvera son public.

Barbara Mazuin

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