LA CLE DES VENTS (LA TOUR SOMBRE TOME 4,5)

KING, Stephen (Traduit par Brèque, J.-D.)

Fantasy

J'ai Lu, 2012, 284 pages, 20 €

:) :) UN NOUVEAU TOUR SUR LE SENTIER DU RAYON - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LA CLE DES VENTS (LA TOUR SOMBRE TOME 4,5)

« L’Evénement » clame le bandeau qui ceint la couverture visuellement académique de ce nouveau volume de « La Tour Sombre » de Stephen King.

Oui, si on veut. Le lecteur pensait en avoir fini avec cette saga, après le 7° et très volumineux tome. Toutes les questions  posées n’y trouvaient certes pas réponse (on ne crée pas un univers d’une telle densité sans laisser quelques plumes sur les sentiers du rayon) mais le fait d’avoir accompli ce tour de force (raconter une histoire sur plus de 20 ans, en augmentant à chaque opus le nombre de fans) était suffisamment remarquable pour ne pas être ausculté au scalpel. Robin Furth, dans les deux volumes de « Concordance » (j’ai lu), s’en est allégrement chargé, ce qui participe certainement à la qualité et à la cohérence narrative de la spin-off que la Tour Sombre connaît en BD (Panini Comics).

Alors pourquoi cette nouvelle initiative ? « Je me suis surpris, dit Stephen King, en découvrant que mes personnages avaient encore des choses à dire ». D’accord, le besoin de prolonger l’existence de ses personnages d’encre et de papier peut se révéler existentiel pour un auteur (ce sont un peu ses enfants).

Là où le bât blesse sensiblement, c’est que ces choses que les personnages du ka-tet ont à dire n’ont finalement pas grand-chose à voir avec la quête de la Tour proprement dite.

« La clé des vents » se situe entre le 4° volume (« Magie et cristal ») et le suivant (« Les Loups de La Calla ») : obligés de faire halte afin d’affronter une tempête d’une force incroyable, Roland et les siens s’arrêtent dans un village fantôme. Comme il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre que le « coup de froid » passe, Roland se met à raconter une histoire de son passé : après la mort de sa mère, il avait été chargé par son père, Steven, d’enquêter avec son ami Jamie De Currie sur l’existence supposée d’un garou, une bête capable de modifier son apparence et assoiffée de sang. Arrivés à Debaria, les jeunes pistoleros avaient pris en charge le pauvre Billy dont toute la famille avait été décimée par le Garou. Afin de le protéger au maximum, ils s’étaient enfermés dans la prison du village, d’autant plus qu’une tempête menaçait. A ce moment, Roland se met à raconter une autre histoire à Billy, celle de « la clé des vents » : il s’agit du parcours initiatique du jeune Tim, fils d’un bûcheron brûlé par le souffle d’un dragon. Incapable désormais de payer la taxe foncière que vient réclamer l’inquiétant collecteur année après année, la mère de Tim n’a d’autre choix que d’épouser le violent Bern Kells. Sur les conseils du collecteur qui lui a remis une mystérieuse clé à usage unique, Tim découvre dans la malle scellée de son beau-père la médaille de son propre père. Désireux d’en savoir plus, Tim poursuit le collecteur qui finit par lui faire comprendre que son père n’a pas été tué par un dragon…mais par Kells, qui avait des vues sur sa mère depuis très longtemps. Armé de la hache de son père, Tim va devoir affronter une série d’épreuves dans la Forêt sans Fin, tester ses capacités de survie et tout tenter pour sauver sa mère de la cécité que lui a infligé son nouveau mari…

L’habileté du livre réside dans l’imbrication des deux histoires : le premier récit (« le garou ») met en scène un personnage (le jeune Bill) auquel va être contée la seconde histoire (« la clé des vents »). Une fois cette mise en abîme appréciée, il reste un texte diablement prenant, comportant quelques pépites narratives – mais également de flagrantes facilités comme cette histoire de cape de protection ou même la fin du garou – qui apporteront une satisfaction certaine. Enjolivé par les illustrations de Jae Lee, le volume se révèle également être un bel objet. Au prix quelque peu surfait (20 €) qui ne devrait cependant pas retenir les afficionados de la saga.

« J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire « The wind through the keyhole », a déclaré King, « même si ce livre ne bouleversera le monde de personne ». J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, sans pour autant me départir du sentiment d’avoir affaire à une manœuvre alimentairement commerciale.

Pas étonnant d’apprendre que le Maître de Bangor a empoché, en 2011, plus de 39 millions de dollars.

Le prochain roman, « 11.22.63 » nous ramènera à ce jour fatidique qui vit la disparition du président Kennedy…Pas de doute que sur ce pitch, présent dans l’inconscient collectif de chacun, Stephen a réussi à bâtir une histoire terrifiante et fantastique. A découvrir très bientôt…en 2013. (EA)

Eric Albert

Commentaires

LA CLE DES VENTS nous a permis de redécouvrir l'univers de Roland et de sa quête pour la Tour Sombre. Néanmoins, bien qu'il soit un bon roman, mêlant les diverses intrigues, j'ai été plutot déçu : en effet, il s'agit là d'histoires parallèles à LA TOUR SOMBRE (une histoire du passé de Roland, et un conte narré par Roland, soit une histoire imbriquée dans l'histoire), et personnellement j'aurai préféré plus de contes de la qûete pour LA TOUR SOMBRE.
Tout simplement. Mais bon il s'agit du tome 4.5 et la saga est d'ores et déjà bouclée ;-)

Club Stephen King il y a 4 ans

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