La faim du loup

Marche, Stephen (Traduit par Manceau, Laure)

Littérature générale

Actes Sud, 2016, 304 pages, 22.5 €

:) :) Portrait de famille - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La faim du loup

Alors qu’il croyait en avoir terminé avec la famille Wylie, que ses propres parents avaient servie lorsqu’ils séjournaient dans leur résidence du Grand Nord canadien, Jamie Cabot, journaliste free-lance, apprend la mort de l’héritier de cette lignée de milliardaires. Retrouvé nu dans un chemin forestier enneigé, Ben Wylie laisse derrière lui un empire composé d’entreprises de presse, d’affaires immobilières et énergétiques dont la seule héritière semble être une sœur fantasque, ex-star des magazines people. En pleine séparation amoureuse, Jamie se retrouve également quelque peu à court financièrement. Dans l’idée d’écrire un article qu’il pourrait placer à bon prix, il va tenter d’entrer en contact avec Sigma, la sœur de Ben, et de retracer l’histoire de cette mystérieuse famille.

Commencée avec le début du XXème siècle, l’histoire des Wylie s’étale sur trois générations dont nous suivrons, tout au long de ce roman, le cheminement vers la fortune. Discrets, peu dépensiers et sachant s’entourer d’hommes d’affaires dévoués, les Wylie ont progressivement bâti un empire qui les place en 2ème position des fortunes mondiales, tout en arrivant à tenir sous cloche la malédiction qui frappe tous leurs descendants mâles. C’est de cette ascension et du secret qui la sous-tend que nous parle Stephen Marche. Bien plus qu’un roman fantastique, c’est un roman sur la fortune et sur la manière dont elle peut se bâtir qu’il nous livre ici. Au travers des relations de domination –tantôt douces et subtilement affirmées, tantôt d’une violence pas forcément retenue- que les mâles de la lignée ont entretenues avec leurs épouses et avec leurs hommes de main, il nous livre finalement une métaphore romancée de l’histoire du capitalisme. Concis, parfaitement plausible et dépourvu de tout manichéisme, « La faim du loup » propose un intéressant mariage de deux genres littéraires : le fantastique et le portrait de famille. Un mariage de raison pour un texte sans tension apparente, qui se lit non pas comme on dévorerait un polar addictif, mais plutôt comme on dégusterait un vieil alcool à l’amertume finale bien sentie.

 

Nicolas Fanuel

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