LE VOYAGE DE KURO : HISTOIRE D'UNE ITINERANTE. TOMES 1 ET 2

HIUYDUKI, Satoko (Traduit par Abadie, G.)

Manga

Kana (Bruxelles), 2010, 120 pages

:) Moment d'adaptation nécassaire - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LE VOYAGE DE KURO : HISTOIRE D'UNE ITINERANTE. TOMES 1 ET 2

 

Le voyage de Kuro : volume 1

« Je suis une voyageuse. Et ça…c’est mon cercueil » dit Kuro quand on la prend pour un croque-mort. Car la jeune fille, vêtue de noir, parcourt les chemins avec un cercueil sur le dos. Il sert à protéger ses chauves-souris de la lumière du jour. A moins qu’il ne soit destiné à autre chose… Kuro, en tout cas, sait que lorsque son voyage prendra fin, elle en aura besoin… A moins qu’il ne prenne fin lorsqu’il aura son utilité…?

En attendant, Kuro traverse villes et villages, fait des rencontres, suscite la suspicion, aussi. Qu’une histoire coure sur un vampire dévorant les gens ou sur un monstre kidnappant des enfants, Kuro, de par son accoutrement et son fardeau, semble toujours la concrétiser. Cela lui portera malchance un jour, c’est sûr ! Celui qui lui dit ça, c’est Sen, une chauve-souris volant à ses côtés de jour comme de nuit, et grand amateur d’alcool et de filles !

Les aventures se suivent, les liens se font et se défont très vite… Cela tient à l’anecdote, parfois. Les chapitres sont courts, peut-être trop pour se permettre une longue lecture successive. Il en ressort un sentiment de platitude, un désintérêt que certains trous narratifs ne contribuent pas à chasser. Les cases sont petites (un large bord noir les entoure) servies telles quelles, sans précision temporelle, avec de nombreux phylactères contenant dialogues, pensées, remarques d’une personne hors champ… Un encombrement rébarbatif quand le regard se fait plus paresseux ! Les plus lisibles sont celles en couleur, qui jalonnent le volume. Le retour vers le noir et blanc semble toujours regrettable, le temps de se réhabituer. Ce n’est pas que c’est difficile à suivre, car tout lecteur suffisamment mature sait combler les creux et comprendre ce qu’est un flash-back sans qu’on ne lui annonce en gras ! Mais changer de scène et de moment d’une case à l’autre, à la faveur d’un changement de page, sans que rien n’indique un début et une fin, est plutôt abrupt ! Enfin, on aurait aimé aller plus loin avec certains embryons d’histoires.

 Le voyage de Kuro : volume 2

 

Tiens, ça va mieux! Pourquoi? Peut-être l’accoutumance à une certaine atmosphère, à la fois poétique et gothique, très 19è siècle, en définitive. Le principe de la mise en page en continuité est le même que précédemment, mais là où la mise en place narrative pouvait perturber, ici il semblerait qu’un rythme de croisière soit pris.

Le mystère qui entoure l’origine de la jeune fille reste entier : son prénom, d'abord. Kuro est un mot japonais signifiant « noir », mais ce n'est pas son vrai prénom. Ensuite, elle semble souffrir d'un mal étrange, d'où sa quête d'une sorcière. Pour la guérir? Si pas, le cercueil lui est-il destiné?

Ses seules disctractions, et ses rares sourires, sont provoqués par les petites « filles » qu'elle a sorti d'une sombre cellule : Sanju et Nijuku ont des oreilles et une queue de chat et détiennent un pouvoir spécial non encore maîtrisé. Leurs farces et caprices les rendent attachantes.

L’un ou l’autre personnage déjà rencontré auparavant revient également, brièvement, et l’on devine la mise en place d’un petit univers que l’on aura, sans doute, plaisir à retrouver d’un volume à l’autre : « Dans ce monde, tous les chemins se croisent. Si on reste en vie et qu’on poursuit notre voyage, on se retrouvera. ». Encore faudrait-il que la série se poursuive : elle est en stand-by pour l'instant au Japon. Peut-être faute de lectorat.

 

Barbara Mazuin

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