A DEUX PAS DE LA MORT

JAMES, Peter (Traduit par Dedourge, R.)

Policier & Thriller

Fleuve Noir, 2012, 573 pages, 20.5 €

:) :) DE L'ART DE PRENDRE SON PIED - critique complète

Couverture
Couverture du livre: A DEUX PAS DE LA MORT

Un mystérieux violeur sévit à Brighton. Il s’agit certainement d’un fétichiste puisqu’il emporte à chaque fois avec lui les escarpins de ses victimes, après les avoir utilisés de façon quelque peu…perverse afin de satisfaire ses désirs sexuels.

L’inspecteur Roy Grace fait immédiatement le lien avec une affaire aux éléments similaires, datant de 1997. L’homme aux chaussures, comme on l’avait surnommé alors, n’avait pu être identifié et les viols avaient brusquement cessé.

Pourquoi cette résurgence aujourd’hui ? S’agirait-il d’un copycat ? Ou du même homme aux chaussures qui, après avoir vécu en retrait pendant plus de quinze ans, aurait de nouveau répondu à l’appel de ses désirs et de ses pulsions ?

L’enquête mène la police vers un premier suspect, un chauffeur de taxi légérement taré qui a le malheur de collectionner les chaussures qu’il achète sur internet et les…chaînettes de chasses d’eau. Il est vite relaxé, manque de preuve flagrante.

Grace, de son côté, établit de curieuses coïncidences entre les dates des premiers viols de 1997 et les agissements suspects de l’inspecteur Pewe. De plus, il découvre que les dossiers relatant ces viols ont disparu de la section des « affaires non-classées» et que le dernier inspecteur à avoir eu accès à ces documents est Pewe.

Alors que l’enquête piétine, l’inspecteur Grace décide de tenter une provocation par voie de presse : laisser entendre que l’attribut masculin du violeur n’est pas fonctionnel pourrait inciter celui-ci à une réaction d’orgueil imprudente… Mais rien n’y fait.

Les seuls indices dont la police dispose sont des bandes videos, issues de caméras de surveillance de magasin sur lesquelles figurent une femme – ou plutôt un homme déguisé en femme – qui semble suivre les déplacements d’une cliente de boutiques de chaussures de luxe, et le signalement d’une camionnette blanche… Bien maigre pitance !

Et bien bon livre ! Oui, bon, d’entrée, ne vous laissez pas berner par le bandeau de couverture qui clame que « A deux pas de la mort » est le thriller le plus haletant depuis « le silence des agneaux ». Le roman tient le haut du panier, c’est indéniable. Il tient en haleine de bout en bout – une fois le lecteur habitué aux incessants va et vient entre 1997 et aujourd’hui – et il exploite des personnages et des situations pertinents et habiles. Le fait que le violeur utilise le même modus operandi que Wild Bill dans le « Silence» et qu’un des personnages s’appelle Starling ne doit en aucun cas faire figure d’hommage au roman de Thomas Harris. Peter James a trop de métier – et suffisamment de talent pour cela -. Une fois de plus, on assiste à la mise en place implacable d’une tension, d’un bourdonnement (lire « A deux pas de la mort », c’est un peu comme suivre un épisode de « New York police judiciaire » avec le vrombissement musical quasi continu en bruit de fond) sur lequel viennent se greffer quelques scènes bien glauques. L’atmosphère est oppressante, la perversité atteint ses limites et le dénouement, qui débute presque cent pages avant la fin oblige à un sprint de lecture final et malheur à celui qui viendrait nous distraire !

Peter James a désormais sa place auprès des plus grands. (EA)

Eric Albert

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