BAD BOY

ROBINSON, Peter (Traduit par Boraso, M.)

Policier & Thriller

Albin Michel, Spécial suspense, 2011, 405 pages, 19.9 €

:) :) :) "Une exquise torture" - critique complète

Couverture
Couverture du livre: BAD BOY

Alan Banks a subi pas mal de préjudices, lors de sa dernière enquête : il a échappé de peu à un attentat terroriste en plein Londres, et Sofia, sa dernière conquête, l’a laissé tomber sans explication, vraisemblablement pour un autre. Il est donc en vacances forcées, et suit un itinéraire de rêve dans le sud-ouest des Etats-Unis…

…Au grand dam de Juliet Doyle, son ancienne voisine, venue le trouver pour exposer un cas bien délicat concernant sa fille, Erin : Celle-ci détenait une arme à feu chargée dans sa chambre. C’est donc Annie Cabbot qui la reçoit. Mais là où Banks aurait réglé cela discrètement – il est bien connu pour ne pas trop de soucier de la hiérarchie et des procédures ! – l’affaire tourne au carnage et se conclut par la mort d’un innocent.

Tandis qu’une commission d’enquête se met en place, Jaff, le petit copain de Juliet, panique en apprenant qu’on a trouvé l’arme et cherche à se faire oublier un peu. Tracy Banks, la fille d’Alan, en pince pour lui et, ne comprenant les tenants et aboutissants de l’histoire, lui propose de se réfugier quelque temps dans le cottage de son père absent. Hélas, l’échappée est tout sauf romantique, et Tracy ne tarde pas à s’apercevoir qu’elle s’est mise en grand danger.

Toutes les adolescentes n’ont-elles pas eu leur période « bad boy » ? Du moins, beaucoup ont été susceptibles d’y succomber : le beau garçon, un peu dédaigneux, distribuant ses moments de tendresse et d’attention avec parcimonie, entouré d’un parfum de soufre et de mystère... Peter Robinson ne s’y trompe pas, et, sans prétendre offrir une psychologie fine, met pour la première fois en avant le personnage de Tracy. Ce faisant, il tient bon la route, et les motivations et réactions de la jeune fille sont tout à fait plausibles : Un père absent, incapable de devenir adulte, et qui lui préfère, croit-elle, son frère…De solides arguments de départ pour un cocktail détonnant ! Le lecteur a de quoi s’occuper en attendant le retour de Banks en Angleterre ! « Bad boy » est aussi prenant qu’original.

Il faut dire que la série se bonifie au fur et à mesure que son personnage s’étoffe et évolue. L’auteur lui-même reconnaît qu’il s’est construit progressivement et que sans doute il en aura fait le tour un moment donné. Tel un Michael Connelly et son Harry Bosch…

Mais le mauvais garçon n’est-il pas Banks lui-même ? « Une espèce d’électron libre, ce qui fait dire aux gens qu’il ne deviendra jamais commissaire. ». Pas un inspecteur Harry (l’autre !), frondeur et violent, mais un vrai type sympa, intuitif, ouvert et attentif. C’est ainsi qu’on l’apprécie, bien sûr, bien que d’autres pensent autrement. Banks fera-t-il le faux pas qui le fera tomber aux yeux de ses supérieurs ? N’est-il pas affectivement trop impliqué, pour participer à cette enquête où sa fille risque de laisser la vie ? Le ressourcement offert par les Etats-Unis est déjà bien loin, et Banks se demande encore vers quoi il va.

Il faudra patienter pour le savoir, car le prochain livre de Peter Robinson, « Before the Poison », est un hors série. Il concerne un compositeur classique revenu dans son Yorshire natal pour travailler dans le calme. Mais la maison où il se trouve fut celle de Grace Fox, accusée et pendue dans les années 50 pour avoir empoisonné son mari… !

Barbara Mazuin

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