Carnets noirs

KING, Stephen (Traduit par Bies, Océane)

Policier & Thriller

Albin Michel, 2016, 432 pages, 22.5 €

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Couverture
Couverture du livre: Carnets noirs

Deuxième volet d'une trilogie mettant en scène le détective retraité Bill Hodges et ses comparses d'aventures, après « Mr Mercedes », ce nouveau roman de Stephen King est d'une facture plutôt classique. Désireux de rendre hommage aux auteurs de romans policiers des années '50, le Maître de Bangor propose un roman noir sans prétention universelle. Au contraire, il s'attache à quelques personnages basiques, les emportent dans une série d'événements tantôt tragiques, tantôt comiques, toujours sensibles et arrive, comme toujours, à gagner la sympathie et la fidélité du lecteur grâce à sa prose – et à sa traduction – toujours aussi impeccable dans son efficacité et sa faculté de création d'images et de sensations diverses et variées.

Le célèbre écrivain John Rothstein, qui a arrêté de publier depuis quelques années, est subitement assassiné chez lui. A côté de quelques objets de valeur financière, une série de carnets Moleskine a également disparu. A l'intérieur se trouvent les textes en premiers jets de deux romans inédits de l'auteur. Il s'agit en fait de deux suites aux aventures de son personnage fétiche, baptisé « Le Coureur ». Dans les mains d'un grand amateur des écrits de l'écrivain, ces carnets sont d'une inestimable richesse. Et c'est justement ce qui incite l'un des auteurs du meurtre à cacher ce trésor, en l'enterrant sous un arbre, histoire de laisser passer quelques années avant de pouvoir monnayer au prix fort les inédits, resurgis de nulle part. C'est compter sans la police qui finit par arrêter le malfrat, pour une cause annexe mais qui l'envoie derrière les barreaux pour une longue période.

Pendant ce temps, le jeune Peter Saubers découvre par hasard la mallette contenant les carnets et de l'argent. De l'argent qui tombe à pic pour aider – de manière anonyme – sa famille : son père est une des victimes du tueur à la Mercedes (du premier volume de la trilogie) et sa sœur rêve d'intégrer une école élitiste hors de prix. Etant lui-même un fan de Rothstein, Peter Saubers reconnait l'auteur des carnets et tente de les transformer en argent auprès d'un bouquiniste...qui, pour le malheur de Saubers, est le complice du tueur de l'écrivain. Décidé à spolier le jeune homme, qui a malgré tout conservé les carnets, le bouquiniste devra soudainement faire face à la vindicte du tueur, sorti sous condition de prison. Ayant constaté la disparition de sa mallette, il est convaincu que le traître se trouve parmi ses complices survivants... Ce qui finira par le mettre sur la piste de Peter, désormais en danger de mort. C'est par l'entremise de sa soeur que Peter va être pisté par Bill Hodges. Elle suspecte son frère d'être l'auteur bienfaisant de l'envoi des liasses de billets de banque à sa famille et ses agissements bizarres – comme la découverte des carnets mystérieux dans sa chambre – vont l'amener à penser qu'il s'est peut-être fourré dans des ennuis inextricables...

Au fil d'un suspens convenu – bien peu de réelles surprises dans cet opus – Stephen King s'est fait apparemment plaisir en écrivant cet hommage à John D. McDonald. La lecture de « Carnets noirs » ne faiblit à aucun moment, avec cette impression d'être en terrain connu et par conséquent, peut-être un peu trop rassurant. Loin des envolées de talent présentes par exemple dans le somptueux « 22/11/63 », ce dernier roman (la 3° partie de la trilogie « End of Watch » est prévue en français pour 2017) n'en est pas moins réussi en ce sens qu'il nous conduit d'un bout à l'autre d'un récit en nous dotant d'un solide appétit de lecture, vers une fin dont le caractère commun ne constitue qu'une demi-faiblesse.

 

La force de l'auteur réside également dans ces petits cailloux dont il parsème son histoire qui sont autant de références au premier opus de la série (par exemple, le statut de victime de Mr Mercedes dans le chef du père du héros de ce roman) que de prémisses à la troisième salve (le tueur à la Mercedes est interné dans un hôpital psychiatrique et il commence à développer des pouvoirs surnaturels « à la Carrie » qui seront certainement une des pierres angulaires du dernier volume).

Eric Albert

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