Cobb tourne mal

McCrary, Mike (Traduit par Cuq, Christophe)

Policier & Thriller

Gallmeister, 2017, 208 pages, 19.9 €

:) :) :) Du sang et des rires - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Cobb tourne mal

Remo Cobb est avocat à New York. Du genre plutôt bon, très bon même et qui donc gagne confortablement sa vie, ce qui, conjointement à la belle gueule que lui attribué mère nature, lui assure un succès constant auprès de la gent féminine. Là où ça roule moins, c’est du côté vie familiale : après des conneries dont l’auteur nous épargne la narration dans ce premier roman, Cobb a vu sa femme le quitter avec leur tout jeune fils sous le bras. Même s’il assume, la souffrance de ne pas voir grandir la chair de sa chair le crucifie au quotidien. Souffrance qui lui instille pratiquement autant de remords que de défendre journellement de véritables ordures et de les voir, grâce à son professionnalisme, s’envoler profiter de leurs méfaits alors que le sang ne leurs victimes n’est pas encore sec. Aussi, lorsque l’opportunité de « faire une erreur » dans la défense de la bande des frères Mashburn, de sérieux tarés responsables de la mort de deux dizaines d’innocents clients dans la banque qu’ils dévalisaient, Cobb n’hésite pas à fouler aux pieds sa légendaire conscience professionnelle pour laisser s’exprimer sa conscience tout court. Les nuisibles sont envoyés au trou et Remo se croit tranquillou. Mais les nuisibles ont la dent dure et la rancune tenace. Autour de Cobb, les balles vont siffler, et sur lui les coups vont pleuvoir.

Quel plaisir que ce premier roman de Mike McCrary. Une histoire certes basique mais racontée sur un mode déjanté à souhait et à un rythme à ce point effréné qu’on ne la lâche que contraint et forcé. La langue se révèle très rapidement franche et directe, jubilatoire et à même de dérider les plus tristes sires, d’autant qu’elle véhicule une philosophie toute personnelle, où l’ultra-réalisme le dispute à l’ironie ravageuse. Jugez plutôt : « Dans ce monde, quand on est beau et intelligent, on va loin. C’est moche pour les armées de cons affreux qui encombrent cette planète, mais c’est comme ça ». Au fond, Cobb est un bon gars et lorsqu’il dit que ses clients sont des « rebuts de la société » et que, pour une fois, il a essayé d’être un gars bien, il est sincère. En à peine 200 pages, Mike McCrary va lui faire payer cet accès d’humanisme en le faisant passer d’une fusillade à une course-poursuite en bagnole via une séance d’entrainement au combat rapproché, toutes pratiques inédites pour lui. Tendue au cordeau, l’intrigue va à l’essentiel, c’est pratiquement de l’action-réaction à flux continu, avec une violence tempérée pile-poil par un humour ravageur qui fait passer le tout comme du petit lait. Encore ! 

 

Nicolas Fanuel

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