De si parfaites épouses

ROY, Lori (Traduit par Bourgeois, Valérie)

Policier & Thriller

Masque, 2015, 350 pages, 20 €

:) :) :) Jusqu'au craquement d'allumette - critique complète

Couverture
Couverture du livre: De si parfaites épouses

En 1958, Detroit abrite encore des usines en activité. Ces grandes infrastructures qui avalent tous les hommes du coin pour les recracher au soir, sales, sentant la graisse et l’huile. Parfois, une autre odeur vient s’insinuer sur leurs vêtements. Celle des femmes noires qui attendent à la sortie de l’usine les jours de paye. Plus rien n’est pareil dans le quartier, depuis que quelques familles de noirs sont venues s’installer. Certains commerces ont été désertés par ces dames de la société blanche. Elles, elles passent leurs journées à attendre leur mari en leur faisant de bons petits plats, à s’occuper des enfants, même quand ce ne sont pas les leurs, et s’ils ne sont pas morts d’avoir trop pleuré.

Malina la connaît, cette odeur particulière. Elle sent celle de la poule de Mr Herze, son mari. Oh, elle ne peut rien lui reprocher, bien sûr, car Malina, femme parfaite en apparence, patronne des bonnes œuvres et gérante des pâtisseries, Malina qui distribue tâches et sermons de bonne conduite aux autres dames du quartier, a peur de son mari.

Alors, une nuit, elle prend sa voiture et se rend à l’usine, armée du marteau de Mr Herze. Elle a l’intention de tuer la poule de son mari. N’est-ce pas celle-là qui, toute menue comme Mr Herze les aime, pousse un landau ?

A partir de cette nuit, plus rien ne sera pareil.

Que dire de plus, sinon que ce livre happe d’emblée, tant il est ampli de bienséance bourgeoise, de faux semblants et d’hypocrisie ? Le vernis est prêt à se craqueler  et c’est Malina qui donnera le point de départ. L’immeuble de Filmore où les familles noires se sont installées, les nombreux résidents du quartier prêts à vendre leur maison, un drame familial qui trouve une explication plus dramatique encore que ses conséquences, des femmes qui n’osent pas se confier à leur mari, l’une de peur que les coups ne tombent, l’autre car son mari ne survivrait pas à la réalité…

Comme dans « Les secrets de Bent road », Lory Roy explore les tensions qui animent une communauté fermée sur elle-même, qui vit en vase clos, et n’attend qu’un craquement d’allumette pour que le drame fasse surface. Moins étouffant cependant, ce deuxième titre confirme tout le talent de critique sociale et de tension psychologique que l’on sentait déjà chez l’auteure. Une réussite, et la promesse de quelques bonnes heures à venir encore, au fil des publications. (B.M.)

Barbara Mazuin

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