Dernier appel pour les vivants

Farris, Peter (Traduit par Pons, Anatole)

Policier & Thriller

Gallmeister, Neonoir, 2015, 336 pages, 18.4 €

:) :) Dans l'Amérique de l'ombre - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Dernier appel pour les vivants

L'existence de Charlie Colquitt prenait un tour inattendu. D'inconsistant caissier dans une petite agence bancaire, son statut venait de passer à celui d'otage après le sanglant braquage qui avait coûté la vie à sa collègue. Le gars qui l'a embarqué s'appelle Hicklin, et s'encombrer d'un otage n'est pas dans ses habitudes. Comme il n'était pas non plus dans ses habitudes de doubler ses petits camarades de la fraternité aryenne qui l'avaient mis sur le coup et avec lesquels il était censé partager le butin. Planqués dans une cabane au fin fond des bois, Hicklin et Charlie apprennent à se connaître, dans un curieux rapport de bourreau à otage. Charlie ne comprend pas pourquoi Hicklin le maintient en vie, et de son côté, Hicklin, s'il doute également de sa décision, reste toutefois sûr d'une chose : la fraternité aryenne lui a certainement collé des tueurs aux trousses et ceux-ci ne vont pas tarder à pointer le bout de leur nez.

Pur roman noir, « Dernier appel pour les vivants » sort assez rapidement du polar genre « braqueurs cruels poursuivis par d'autres braqueurs et par des flics » pour prendre un tour inattendu, dont nous nous garderons bien de révéler le pitch ici. Les thématiques abordées se révèlent nombreuses et, par la force d'une attention portée à la profondeur et à la crédibilité des personnages, se voient très vraisemblablement mises en scène : la solitude, le désoeuvrement et la déliquescence des mentalités dans les coins perdus de l'Amérique profonde, le déterminisme à l'oeuvre dans certaines existences, les relations de pouvoir en milieu carcéral (Hicklin a passé une grande partie de sa vie en tôle et y a contracté des amitiés dans les milieux d'extrême-droite), en passant par les aléas du métier de flic à la campagne. Se dessine ainsi le portrait d'une Amérique de l'ombre : pas celle des grandes villes brillant sous un soleil éclatant, mais celui des contrées reculées, façonnées par l'ignorance et le retour de certaines pratiques religieuses obscurantistes, régions dans lesquelles, tout à coup, un truand sans scrupule peut apparaitre comme le plus humainement compréhensible des personnages. Un premier roman sombre dont on perçoit, dès les premières lignes, qu'il ne nous ménagera pas.  

Nicolas Fanuel

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