Dernier verre à Manhattan

Don Winslow (Traduit par Philippe Loubat-Delranc)

Policier & Thriller

Points, 2014, 422 pages, 7.9 €

:) :) Atmosphère... - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Dernier verre à Manhattan

Un blonde platine, plantureuse, actrice de cinéma…Une liaison avec un sénateur démocrate qui brigue la présidence des États-Unis, et auquel le frère conseille de mettre fin, afin de ne pas compromettre ses chances… Une gentille épouse et des doses massives de cachets pour soulager ses douleurs lombaires… Ça vous rappelle quelque chose ? John F. Kennedy, bien sûr. Le sénateur s’appelle d’ailleurs Keneally. Le livre date de 1996, mais il fut traduit en 2013 seulement, dans le cadre de l’anniversaire de l’assassinat de JFK. Opportunisme des éditeurs…Mais pourquoi un tel ouvrage a-t-il mis tant de temps à nous parvenir ?

Venons-en à l’intrigue :

New York, Noël 1958. En pleine guerre froide, Walter Withers, ex-agent de la CIA, quitte Stockholm pour revenir à New York. Sa motivation a pour nom Anne Blanchard, une chanteuse de jazz avec laquelle il partage de tendres moments de complicité.

Walter trouve un job de privé pour une agence, et c’est dans ce cadre qu’il doit assurer la protection du jeune sénateur. En réalité, il se rend rapidement compte qu’il sert d’alibi aux amours entre Keneally et la très sexy Marta Marlund. Au point de lui causer de sérieux problèmes…aux yeux de Anne, d’abord, de la police ensuite…

Winslow prend ici le temps d’installer décor et psychologie des personnages. L’intrigue est secondaire : l’homicide qui mettra Walter en fâcheuse posture arrive tard dans le livre. Il est pourtant évoqué en quatrième de couverture, signe que les pages précédentes n’ont aucun but strictement narratif, mais qu’importe ! Elles sont dédiées à l’installation du contexte politique, mais aussi artistique, qui semble cher à Winslow: New York fin des 50’s, les poètes beatniks, les petits clubs de jazz,... En roman noir qui se respecte, le propos de l’auteur se veut sociétal : magouilles politiques en vue de l’accession au pouvoir…et combien elles fonctionnent, rêve américain versus réalité banlieusarde,... Walter n’est une victime parmi d’autres…Winslow possède d’indéniables qualités d’écrivain. « Savages », dont Olivier Stone s’est inspiré au cinéma, et « La griffe du chien » en sont également deux belles preuves.

Barbara Mazuin

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