Deux veuves pour un testament

LEON, Donna (Traduit par William Olivier Desmond)

Policier & Thriller

Points, 2015, 307 pages, 7.6 €

:) Brunetti chez les soeurs - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Deux veuves pour un testament

Une vieille dame est retrouvée morte dans son appartement. Costanza Altavilla menait apparemment une vie sans histoire : retraitée, un fils vétérinaire, des petits-enfants. Elle consacrait beaucoup de temps aux résidents d’une maison de repos, tenue par des sœurs.

L’autopsie révèle qu’elle est morte d’une crise cardiaque, mais des signes d’une lutte possible troublent Brunetti. Aurait-on secoué - menacé ? – la vieille dame ? En outre, Brunetti et son collègue Vianello sont d’emblée intrigués par la présence dans l’appartement de sous-vêtements féminins, de taille différente et encore emballés. Ni le fils de la victime, bouleversé mais prudent, ni la jeune voisine, témoin de scènes inhabituelles dans les escaliers, ni la Mère Supérieure, qui semble en savoir bien plus qu’elle ne veut l’avouer, n’apaisent les doutes de Brunetti. Officiellement, il n’y a pas enquête, et Brunetti prend bien soin de cacher qu’il gratte, grappille...et à force…

Un cadavre dès le début de l’intrigue, voilà qui n’est pas forcément le cas chez Donna Leon. Celui-ci arrive pourtant fort à propos, car Brunetti se voit obligé d’interrompre un dîner chez son supérieur Patta…Mais pourquoi diable ne l’a-t-on trouvé plus tôt, se dit Brunetti, qui en était à rêver d’une invasion extra-terrestre pour en finir avec cette pénible soirée ! Car rien ne changera son supérieur, le Vice-Questore, avec lequel il a appris à composer néanmoins. Leon frôle ( ?) la caricature, mais il faut reconnaître que la couardise de Patta, qui ne veut contrarier notables et personnages haut placés, son désir de faire paraître toute initiative comme étant sienne, et la facilité avec laquelle Brunetti se joue de lui via tel regard soigneusement étudié ou tel geste de fausse soumission…Cet ensemble parfaitement orchestré offre des scènes d’anthologie !

Si Vianello est peu présent dans cette enquête, Brunetti fera par contre encore appel à la Signora Elettra. La secrétaire de Patta, outre qu’elle use du même manège envers son supérieur, semble bénéficier de ressources diverses et inépuisables ! Il s’avère qu’elle possède de nombreuses relations, toutes masculines et judicieusement placées, pour servir Brunetti : que ce soit au sein d’une magistrature, d’une banque, d’un service communal…Malgré sa curiosité, jamais Brunetti ne demandera à quel prix la Signora Elettra obtient tuyaux et appuis. ..Quelle femme, mais quelle femme !

A noter ce singulier sens de la justice, chez Leon, dont le final surprend toujours un peu…mais reste profondément humain.

Barbara Mazuin

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