Dodgers

Beverly, Bill (Traduit par Todd, Samuel)

Policier & Thriller

Points, 2017, 380 pages, 7.8 €

:) :) :) Voyage d’un petit black au pays des Blancs - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Dodgers

A 15 ans, East est un petit caïd de L.A., jamais sorti de sa ville mais qui en a déjà vu et vécu. Il ne fréquente pas l’école ; il est chef d’équipe. Son job consiste en surveiller une Boîte avec ses potes, pour le compte de Fin, un autre black qui l’a à la bonne. Une Boîte, c’est une taule où l’on vend et consomme de la drogue. Cette cour, c’est son horizon.

Garçon maigre et calme, il ne rejoint pas la maison familiale – où sa mère végète seule – après le boulot. Personne ne sait trop où il dort, mais on lui fiche la paix. East est un garçon tranquille.

Un jour, il y a un truc qui foire à la Boîte : les flics débarquent et une gamine qui traînait sur le trottoir se fait tuer sous les yeux de East. C’en est fini du job pour East, que la victime hante.

Fin lui confie une mission, histoire de quitter la ville pour un temps : avec 3 autres jeunes négros, il va devoir embarquer dans un monospace passe-partout, et aller tuer  un juge à l’autre bout du pays, dans le Wisconsin.

Débute alors une aventure de 3000 kilomètres avec trois inconnus, dont son demi-frère de 13 ans, un tueur.

Pour East, l’est représentera-t-il la perte ou le salut ?

Road-movie passionnant, que ce voyage à travers l’Amérique des bleds en bord de route et des stations-services. East observe avec méfiance ce nouveau monde – paysages et gens, des Blancs – sans pouvoir interagir, lié à leur mission et au huis-clos étouffant du monospace.

Pour son premier livre, Bill Beverly signe un sans-faute. Le lecteur remarque tout de suite que East n’est pas de cette trempe-là, que l’adolescent a du potentiel pour une vie différente. Mais East est noir, il n’a que 15 ans et fait partie d’un gang. Dès lors, même si ce voyage hors de la Cité des Anges lui fait comprendre qu’il y a d’autres univers, comment saisir les choses et les transformer en opportunité ? Roman sombre teinté d’espoir, « Dodgers » a tout du très bon polar !

« Des routes différentes et un paysage qui l’était aussi, mais East, rêvassant à moitié au volant, se représentait les jours en rembobinant les images (…) Retour arrière sur les routes, sans les flingues, sans toute la bouffe. (…) Tout, pardonné. (…) Mais il n’y aurait pas de réconfort. »

 

Barbara Mazuin

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