Du feu de l'enfer

SIRE CEDRIC

Policier & Thriller

Presses de la Cité (Paris), 2017, 560 pages, 21.5 €

:) :) :) :) Si elle devenait bourreau, elle ne serait plus victime. Plus jamais victime. Cela ne valait-il pas une miette de son âme ?   - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Du feu de l'enfer

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal

et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera

les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang.

 Sire Cédric est de retour. Après une longue attente, l’ouvrage tant “attendu” est là. Celle-ci aura-t-elle été vaine ? Non… Une fois de plus, il est à la hauteur de nos espérances. Toujours à nous surprendre un peu plus, à nous effrayer, à rendre le fantastique si réel que nous en tremblons. Et il commence fort. Qui savait, avant de lire cet ouvrage, ce qu’était une thanatopractrice ? Personnellement je l’ignorais. Alors pour éclaircir ce point : “le thanatopracteur intervient sur le corps des défunts, à la demande de la famille, pour une réalisation de soins qui rendent au mort un aspect présentable. Il déshabille, nettoie et désinfecte le corps du défunt, avant d’injecter dans les artères un produit à base de formol.

Cette opération a plusieurs finalités : stopper l’évolution bactérienne, normalement très rapide, freiner la destruction cellulaire conduisant à la décomposition des tissus et évacuer des liquides physiologiques très bactériens.” Pour moi c’est du Sire Cédric comme nous l’aimons : chaque roman reprend des éléments qui sont documentés, crédibles et prouvables.

 Nous tombons dans un récit qui nous tient en haleine dès le départ. Les introductions de Sire Cédric sont toujours énergiques, angoissantes et rythmées. Le ton est vite donné. L’envie de lire de plus en plus pressante. Cette manière de débuter le récit fait mouche. Nous découvrons Manon : son métier, sa famille, ses collègues, sa manière de vivre. Nous apprenons à connaître son frère Ariel. Un suicide. Un meurtre maquillé en suicide. Des morts, des carnages, des rituels, des débauches. Un engrenage dans lequel Manon se retrouve aspirée. Malgré son frère irresponsable et drogué, l’esprit familial est là. Elle fera tout pour l’aider. Pour comprendre. Même si pour cela elle va découvrir des horreurs. Des atrocités commises par le genre humain. Et elle n’est pas au bout de ses surprises. Nous non plus d’ailleurs. Ici, cela va bien plus loin encore. Tout est réel. Tout s’ancre dans des évènements qui sont peut-être encore commis de nos jours...

 La couverture de l’ouvrage est un avertissement : le diable rôde. Comme toujours cette touche “fantastique” dans le monde réel. On aimerait le croire. Non. Tout est basé sur des faits. Le métier de thanatopracteur en était le premier exemple. Le deuxième exemple est plus encore ancré dans la réalité : le Hell Fire Club. Il s’agit d’un club privé anglais du milieu du XVIIIe siècle. Ses membres étaient issus de la haute société, occupant souvent des fonctions politiques.

 Baron et héritier d'une des plus grosses fortunes d'Angleterre, Francis Dashwood, Lord Le Despencer, fonde le Hell Fire Club dans les années 1750. Avant cela, il a déjà fondé de nombreuses sociétés secrètes : l'ordre des chevaliers de Saint François, les Moines de Medmenham ou encore l'ordre des Chevaliers de West Wycombe. Dans ces différentes organisations règnent toujours les mêmes mots d'ordre : satanisme et débauche. Appartenir au club veut avant tout dire partager des plaisirs licencieux avec des prostituées, seul ou à plusieurs, et abjurer sa foi pour adorer le Diable.

Sire Cédric nous plonge dans un univers monstrueux. Peuplé de pervers meurtriers. Il est fabuleux. Il nous fait voyager pendant près de 500 pages entre événements sordides, personnages tortueux, enquêtes désespérées. Le genre humain dans ce qu’il a de plus horrible. Du sadisme à l’état pur. “Du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau” !

 Dans certains de ces romans, Sire Cédric insérait une touche de fantastique (de l’irréel) dans la réalité. Dans ce récit, le moindre détail est palpable, on ne peut s’empêcher de se poser la question : et si ? Et si cela existait encore ?

 Merci encore pour cette belle “claque” littéraire. Cette véracité dans les détails.

Le prochain arrive quand ?

 

Elodie Mercy

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