Fermé pour l'hiver

Horst, Jorn Lier (Traduit par Roman-Monnier, Céline)

Policier & Thriller

Gallimard , Série Noire, 2017, 368 pages, 20 €

:) :) Mortel chalet - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Fermé pour l'hiver

Le livre tire son titre du lieu du premier crime : un chalet, lieu de résidence secondaire et estivale pour Norvégiens aisés, situé sur la côte du comté de Vestfold, à une petite centaine de kilomètres d’Oslo. Il appartient à un célèbre présentateur télé et a, comme beaucoup d’autres cette nuit-là, été cambriolé. À la différence des autres chalets, celui-ci recelait le cadavre d’un homme cagoulé. Sur place, l’équipe de l’inspecteur William Wisting procède aux relevés d’usage, mais les indices se révèlent peu nombreux et le meurtre ne cadre pas avec les habitudes d’une bande de cambrioleurs. Finalement, l’équipe décide d’expédier le cadavre à la morgue –sans lui ôter sa cagoule ni le fouiller. Ce dernier n’y arrivera jamais, ce qui ne manquera pas de compliquer leur boulot.

 Premier titre publié en français de cette série consacrée aux enquêtes de William Wisting, « Fermé pour l’hiver » s’inscrit parfaitement dans le courant des polars nordiques chers aux amateurs de Mankell et d’Indridason. On y suit le travail d’un enquêteur dans la quarantaine, veuf et père d’une fille majeure, qui se retrouvera bien malgré elle mêlée à l’enquête. Pour l’entourer également, d’autres enquêteurs, adjoints, supérieurs hiérarchiques ou spécialistes dans un domaine précis, tous aisément identifiables, mais sans doute pas aussi « creusés » que le personnage principal et sa fille. Un petit manque à sans doute imputer au fait que nous sommes ici dans le volume inaugural de la série. Par ailleurs, il règne une nervosité quasi permanente dans l’enquête que nous suivons pratiquement minute par minute, toujours du point de vue de Wisting. Cette nervosité ne doit rien à un abus de scènes d’action, elle doit plutôt être imputée à un sens du rebondissement poussé à l’extrême et le plus souvent basé sur un ressort basique (un coup de fil, la découverte fortuite d’un collaborateur), mais l’effet recherché est atteint et l’on se surprend à tourner les pages plus vite que prévu. On sent également que l’auteur ne s’est pas lancé dans l’écriture sans munitions : son intrigue se révèle suffisamment documentée pour être crédible et appuie là où les confrères de Horst ont déjà appuyé par le passé : les lourdeurs du travail d’enquêteur, la situation sociologique des pays nordiques et la recrudescence d’une criminalité étrangère. Pas du tout didactique, cette documentation permet au contraire d’humaniser le personnage de Wisting et de relativiser ses premières impressions sur les criminels qu’il traque : « Au fil de la journée, Wisting s’était fait des hommes qu’il cherchait une impression différente du portrait que brossait Martin Ahlberg d’un gang de bandits du crime organisé. Ils apparaissaient plutôt comme des jeunes gens désespérés sans foi dans l’avenir ». Certes, le style de Horst se révèle plutôt efficace et impersonnel (on est loin de la voix aisément reconnaissable de ses aînés cités plus haut), mais son intrigue tire honorablement son épingle du jeu et, nous l’espérons, en annonce d’autres, progressivement plus matures. Suivons donc. 

Nicolas Fanuel

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