Hudson River

OATES, Joyce Carol

Policier & Thriller

Points, 2016, 720 pages, 8.95 €

:) :) Désir, deuil et dommages collatéraux - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Hudson River

Adam Berendt décède un 4 juillet de façon héroïque et stupide. Il assistait à un barbecue de bienfaisance chez de vagues connaissances, lorsqu’il a sauté dans les eaux de l’Hudson pour sauver une petite fille de la noyade. Il n’avait pas bu, mais manquait d’exercice, et n’était pas vraiment bon nageur, surtout pour les eaux houleuses de la rivière.

Aucune famille à prévenir, juste Marina Troy, dont le numéro de téléphone figure dans son portefeuille. Ils étaient bons amis, quoique Marine eusse douloureusement préféré qu’ils soient amants.

Comme toutes les femmes de Salthill-on-Hudson. Surtout les épouses bourgeoises de maris trop occupés par leurs affaires, épousés par convenance ou par manque de conviction. Ce désir partagé reposait surtout sur l’aspect inaccessible de l’homme, librement fantasmé. Arrivé il y a peu dans cette communauté bourrée d’hypocrisie, de faux-semblants et d’antidépresseurs, Adam était sculpteur, vivant en marge, s’entourant de l’aura de l’artiste mystérieux. Avait-il un passé à taire ?

Vieille fille, sans doute vierge ou ayant de longues années de non-pratique, Marina mourait à petit feu de ne pouvoir être aimée d’amour par Adam. Désignée de son vivant comme étant son exécutrice testamentaire, Marina plonge avec douleur dans les affaires de son ami, jalousant ses admiratrices, rongée de découvrir à quel point ce diable d’homme les a séduites.

La disparition d’Adam Berendt bouleverse les femmes (et certains hommes) de Salthill-on-Hudson. Et à travers elles, leur couple, leur famille. Chacun va, dès lors, se réinterroger sur sa propre vie, et tente de s’approprier une part d’Adam Berendt, faute de ne l’avoir eu de son vivant.

Joyce Carol Oates montre via cette intrigue tout le piquant que suscite la soudaine disparition d’un membre d’une petite communauté aisée. La justesse psychologique d’Oates trouve encore ici un terrain idéal, avec cette étude de mœurs d’une banlieue endeuillée. Moins étouffant que certains titres qui vous plongent en apnée au cœur d’une famille, « Hudson River » conserve la même subtilité et la même épaisseur, efficaces. 

Barbara Mazuin

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster