Il est toujours minuit quelque part

Lalaury, Cédric

Policier & Thriller

Préludes, 2018, 345 pages, 15.9 €

:( Secrets et mensonges… - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Il est toujours minuit quelque part

Bill Herrington a la cinquantaine molle et tranquille. Professeur de littérature dans une université de l’Etat de new York, il enseigne de préférence Henry James à ses étudiants. Marié à Lisa, qu’il connaît depuis ses études universitaires, il a deux filles adolescentes. Bill est donc un homme heureux…

Son existence bascule le jour où il trouve dans son casier un livre, d’un certain Richard Kirkpatrick. Un roman populaire qu’il n’aurait même pas lu si une de ses étudiantes, Alan, ne lui en avait raconté l’histoire : une bande d’étudiants fêtant la fin des examens sur une île du new Jersey…Un drame va s’y jouer, causant la mort d’un sdf. Bill est glacé : cette histoire, c’est la sienne, et celle de ses camarades. Ils ont soigneusement évité depuis de se côtoyer, préférant oublier cet épisode. Seule Lisa ignore les faits. Et voilà qu’à la maison, un paquet lui est adressé, avec un exemplaire du livre.  D’autres envois contribueront à faire ressurgir les fantômes du passé, bouleversant le quotidien et toutes les certitudes de l’éminent professeur … Entre secrets et mensonges, Bill pourrait bien tout perdre…

Second roman d’un auteur français inconnu de nos services, « Il est toujours minuit quelque part » prend d’emblée, selon la bonne vieille recette du personnage ordinaire auquel il arrive… Hé mais attendez, Bill est-il vraiment un homme ordinaire ?? Que s’est-il passé sur cette île ? Bill est coupable d’un crime, c’est une certitude. Comment, pourquoi ? Qui est-il en réalité ?

Citons quelques invraisemblances, auxquelles le lecteur doté d’un peu d’esprit critique peine à croire. Par exemple le caractère très improbable de l’invitation adressée par l’université au jeune auteur d’un 1er roman de suspense pointant vers le fantastique. Une rencontre est même programmée avec les étudiants la semaine suivante, alors que personne n’a lu son livre. Le fait que la rigide directrice de Bill soit séduite par Kirkpatrick au point de coucher avec lui n’est pas crédible. De même que la rupture de Bill avec sa famille est expédiée de façon cavalière, pour préparer de façon fort pratique l’arrivée de Kirkpatrick. C’est d’autant plus dommage que Bill est un personnage attachant. Les personnages secondaires sont beaucoup moins bien campés et cohérents psychologiquement. Alan n’a qu’un rôle au final anecdotique, alors qu’elle paraît d’emblée essentielle.

Les apparitions fantastiques n’ont également aucun rapport, sauf étymologique, avec l’intrigue. Mais elles n’apportent rien, et ne sauraient justifier à elles seules une prétention fantastique qui relèverait de Stephen King, que l’auteur cite volontiers. La fin du livre réserve encore certaines invraisemblances : décisions soudaines et illogiques, prémonitions des intentions d’un personnage, vengeance non assumée alors qu’elle avait bénéficié de préparatifs sophistiqués… Ça fait désordre. Et gâche quelque peu le plaisir de lecture sur la fin.

Barbara Mazuin

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