JE TUE LES ENFANTS FRANCAIS DANS LES JARDINS

NEUSER, M.

Policier & Thriller

L'Ecailler, 2011, 163 pages, 16 €

:) DES ELEVES DE MERDE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: JE TUE LES ENFANTS FRANCAIS DANS LES JARDINS

Lisa est professeur d’italien dans un collège de Marseille, réputé « difficile ». En effet, jour après jour, les brimades succèdent aux insultes, les menaces aux manques de respect. Et la violence, latente, attendue, redoutée, sème une ambiance lourde, suffocante.

Au départ, fraîchement sortie de l’Ecole normale, aveuglée par des idéaux pédagogiques et une espérance tenace pour la jeunesse, Lisa tente de réagir et surtout de faire réagir ses collègues et supérieurs devant les comportements inappropriés qu’elle observe et subit. Mais quand l’inacceptable se reproduit, quand la délinquance devient leitmotiv, quand le caïd fait la loi, comment lutter efficacement ?

Vivre dans la peur ? Craindre pour ses proches ? Lisa ne peut l’accepter. Prise pour cible par l’indéboulonnable Malik, un dur pervers, pourri jusqu’à la moelle, incorrigible et déjà promis à une vie de criminalité notoire, la jeune prof va se révolter. A sa manière…

Voici un livre qui dérange. Pas tellement par son cadre et ses personnages (des élèves de merde dans un lycée de merde) mais par la réalité qu’il expose : une réalité qui se remarque à peu près partout, à savoir la perte inexorable de la respectabilité de l’institution d’enseignement. Familles défavorisées, parents démissionnaires, enfants délinquants, ghettos, racisme, chômage, dogmes religieux, perte de confiance dans le système de société, désoeuvrement, « je-m-en-foutisme », …autant d’arguments qui transforment le cocon scolaire en chaudron bouillonnant de rage, de frustration et de violence.

Devant tant d’injustice, tant d’irrespect, tant d’impunité aussi, motivée par un fatalisme conscient, la réponse de ceux qui refusent que cette gangrène ne devienne le modèle doit être proportionnelle. Les extrêmes auxquels le professeur se résout apparaissent alors compréhensibles, voire excusables. Parsemé de quelques réflexions bien senties sur le monde de l’éducation – brassant les lieux communs et les stéréotypes universels – ce court roman agit comme un électrochoc. Car il nous met en face du regard le cauchemar de cette frange de la  jeunesse actuelle, qui ne trouve d’autre raison dans les études que la préparation à une vie d’assisté (EA)

Eric Albert

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