Jenny

COLIN, Fabrice

Policier & Thriller

Sonatine (Paris), 2016, 272 pages, 18 €

:) Descente aux enfers - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Jenny

Bradley Hayden assiste, impuissant, à l’étiolement de son mariage avec April. Lors d’un séjour absurde à Las Vegas, tentative tacite de sauver leur couple, April disparaît. Fou d’inquiétude, Bradley sombre dans la dépression, tandis qu’aucun élément ne vient justifier une enquête aux yeux des autorités.

Bradley finit par traîner sur un site de rencontres, à la recherche de coups d’un soir. C’est ainsi que Jenny entre en contact avec lui. Femme obèse aux goûts sexuels particuliers, Jenny ne correspond en rien aux critères de Bradley, ni à la photo qu’elle avait diffusé à son intention. Cette femme redoutable emmène d’emblée un Bradley drogué et hébété en enfer : elle lui montre une vidéo, vraisemblablement récente, d’April vivante et captive. Avec la sommation de n’en parler à personne, Bradley se voit contraint d’accompagner Jenny dans plusieurs villes des États-Unis. Elle y règle plusieurs comptes avec le passé, maintenant Bradley sous sa coupe.

Le récit se dédouble, et expose en alternance le séjour de Bradley à la clinique Renshaw, situé sur les hauteurs de San Bernardino. Les patients y sont atteints de troubles psychiatriques, et la thérapie prônée pourrait bien persuader Bradley que Jenny n’a jamais existé.

A sa sortie, le jeune homme éprouve des difficultés à différencier réalité et élucubrations. C’est comme si sa vie ne lui appartenait plus… Après « Blue Jay Way » et « Ta mort sera la mienne », Fabrice Colin signe là son troisième thriller chez Sonatine (mais son œuvre comprend de nombreux livres de genre : jeunesse notamment). « Jenny » clôture ce que l’auteur lui-même définit comme étant une trilogie informelle sur le Mal. Il comporte des similitudes avec ses prédécesseurs : disparition d’une femme aimée, personnages obèses, mensonges, morts violentes, désir de rédemption, manipulation et paranoïa. Ces dernières sont accentuées par la narration à la première personne, mais Fabrice Colin brouille les pistes en passant au « il » dans les récits alternés. Le lecteur est troublé, la distance le fait douter. Entre visions sous stupéfiants, décalage temporel et thérapie, le sens de la réalité nous échappe, au risque de nous perdre. Fabrice Colin ne semble pas toujours tout maîtriser, et dans les 50 dernières pages, on ne peut s’empêcher de penser qu’il en fait trop.

« Jenny » nous livre une intrigue bien machiavélique, désormais typique de l’auteur français.

Barbara Mazuin

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