Jeu de miroirs

CAMILLERI, Andréa (Traduit par Quadruppani, Serge)

Policier & Thriller

Fleuve Noir, 2016, 240 pages, 20.2 €

:) :) Montalbano sous le charme - critique complète

Couverture
Couverture du livre: Jeu de miroirs

Dans le quartier de Marinella en Sicile, où vit le commissaire Montalbano, se sont installés de nouveaux voisins : Liliana Lombardo et son mari Adriano. Cette superbe créature ne laisse pas Montalbano indifférent. Il sait apprécier les belles femmes sachant mettre leur corps en valeur. Son mari toujours absent ne semble pas s’en soucier : représentant pour une firme informatique, il est toujours sur les routes ou en voyage, semble-t-il.

Or voilà qu’un matin la jolie dame a un souci de voiture. Et pas anodin : on lui a abimé le moteur intentionnellement. Montalbano ne veut pas s’immiscer, mais rend service à Liliana afin qu’elle puisse se rendre à son travail dans un grand magasin. Mais de fil en aiguille, la belle va vouloir séduire Montalbano et rendre leur relation bien publique et visible de tous, la faisant passer pour consommée et passionnée.

Montalbano ne peut malheureusement se sentir flatté : il sent bien que Liliana se sert de lui. Mais dans quel but ? Pour éloigner le jeune Arturo Tallarita, un collègue passionné avec lequel elle prétend avoir rompu ? Or, Montalbano a découvert qu’Arturo venait rejoindre sa maîtresse la nuit tombée ! Montalbano joue le jeu, afin de découvrir le fin fond de l’histoire.

Alors que les bombes explosent devant des magasins vides à Vigàta, Montalbano se demande si Nicotra ne joue pas un rôle dans l’histoire. Notoirement chargé de surveiller pour le compte de la Mafia le trafic de drogue de l’île, Nicotra vit dans le même immeuble que Tallarita et sa mère. Tout ça est un peu compliqué, et Montalbano n’aura pas de trop de l’aide de Fazio et Mimi Augello pour dénouer le nœud cet imbroglio. Même Catarella, le « réceptionniste » du commissariat, si dévoué à Montalbano au point d’en perdre le langage, sera mis à contribution !

Camilleri le précise dans une interview, et le fait clairement dire par Montalbano : le titre est une évocation du film d’Orson Welles, « La dame de Shanghai ».  Son roman est à l’image de la scène des multiples miroirs, réfléchissant à l’infini les deux protagonistes, joués par Welles et Rita Hayworth. Les gens se présentent sous différentes facettes, et il est impossible de saisir ce qu’ils sont réellement, et où se trouve la vérité. C’est ce genre de mystère que Montalbano devra résoudre dans cette enquête, avec la gouaille qu’on lui connaît, toujours merveilleusement adaptée par le traducteur Serge Quadruppani.

Barbara Mazuin

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