JUSTE UN CRIME

KALLIFATIDES, Theodor (Traduit par Guérif, B.)

Policier & Thriller

Rivages, Noir, 2011, 276 pages, 8.5 €

:) Cadavres anonymes - critique complète

Couverture
Couverture du livre: JUSTE UN CRIME

Le dégel peut procurer quelques surprises. Parmi celles-ci, la libération d’un sac contenant un corps fait définitivement partie des mauvaises. Impossible de savoir exactement d’où il provient, la seule certitude réside en sa découverte au bord de ce lac, non loin de Stockholm. Chargée de l’enquête, la jeune commissaire Kristina Vendel ne dispose que de peu d’indices. Puisqu’il n’y a pas d’avis de recherche en cours, se focaliser sur le bijou trouvé sur le cadavre de la jeune femme semble le plus intelligent. L’objet semble provenir d’Europe de l’Est, et qui dit ‘femme’ et ‘Europe de l’Est’ peut rapidement, s’il travaille dans la police, penser ‘prostitution’ ou, au minimum, ‘immigration clandestine’.

Flanquée d’une petite équipe et en constante relation avec le procureur, la commissaire Vendel va donc concentrer ses efforts vers ces deux milieux criminels. Les contacts qu’elle sera forcée d’y nouer l’amèneront à prendre conscience de réalités sociales qu’elle ne soupçonnait pas. Et dont elle ne sortira pas nécessairement indemne.

Au départ de la banale découverte d’un corps criblé de balles, l’enquête policière mènera donc le lecteur sur des pistes où l’être humain est une marchandise, dont la valeur est évaluée selon son âge et dont l’élimination pure et simple peut être financièrement envisagée après un certain nombre d’années de service. Surtout s’il est de sexe féminin. Au-delà de cette réalité pas toujours creusée assez profondément, reste une enquête somme toute assez classique dans le style ‘procédure policière’. Les personnages, tout comme l’intrigue, prennent leur temps pour nous accrocher ; leur nombre réduit jouant en leur faveur. Le style de Theodor Kallifatides, plombé par un recours trop régulier aux métaphores lourdingues, a failli nous convaincre de laisser le bouquin nous tomber des mains. Et puis, quoi, une étincelle de suspense, une phrase plus accrocheuse, l’envie tout simplement d’en savoir plus sur la vie et la mort de cette jeune femme comme ignorée de tous, nous ont poussé à aller jusqu’au bout. On ne le regrette pas, mais si ‘Juste un crime’ devait être le premier volume d’une série consacrée à Kristina Vendel, on espère les suivants plus nerveux et plus denses dès le départ.

Nicolas Fanuel

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