L'ABIME

DICKENS, C. / COLLINS, W. (Traduit par Madame Judith)

Policier & Thriller

Le Masque (Paris), 2010, 215 pages, 7.2 €

:) Réglé comme une montre suisse... - critique complète

Couverture
Couverture du livre: L'ABIME

 L’abîme / Charles Dickens, Wilkie Collins ; traduit de l’anglais par Madame Judith, de la Comédie française. – Editions du Masque, 2010. – 215 pages. – (Labyrinthes). – 7,20 euros.

Walter Wilding, riche négociant en vins, est malgré tout un homme accablé : alors que sa mère chérie est morte depuis peu, il apprend par hasard qu’il a en fait été adopté, à la place d’un autre enfant ! Terrible secret que celui-là ! Malgré les injonctions de son homme de loi et de son nouvel associé, George Vendale, Wilding n’a de cesse de retrouver cet homme à qui il usurpe fortune et nom. Il couche cette volonté sur testament et meurt peu après, sa santé étant délicate.

Fin du 1er acte. Le second nous fait prendre la suite de George Vendale, qui est amené à retrouver à Londres un homme d’affaires suisse, et surtout sa jeune nièce, dont il est le tuteur légal. Vendale en tombe éperdument amoureux, mais l’homme en question, Obenreizer, conclut avec lui un pacte financier à remplir avant de prétendre au mariage…

Les deux récits n’ont que peu de points communs en apparence, et pourtant ! Ils se recouperont au cœur de la montagne suisse…

Que le hasard de l’édition fait bien les choses ! Après avoir critiqué un Wilkie Collins (EN56), évoqué celui-ci et Charles Dickens au sujet d’un réel infanticide (EN57), voici en guise d’apothéose un ouvrage écrit par leurs quatre mains réunies (selon l’expression consacrée, alors qu’il n’y en a jamais que deux qui écrivent...Soit !) ! Quel plaisir et quelle perspective de bonheur à la vue de ce petit ouvrage! Le soin apporté à cette collection du Masque, ainsi que la magnifique couverture (La Cathédrale St Paul, selon une peinture de l’époque) y sont indubitablement pour quelque chose !

Le contenu est à la hauteur de l’attente. Il faut certes reconnaître un certain manichéisme (les amoureux contre l’adversité) et une naïveté confondante de la part de certains personnages. Mais gardons à l’esprit que l’époque voulait cela, et que malgré tout, le texte a bien vieilli : la réédition était justifiée, car ce sont là deux auteurs qui ont compté dans la genèse du roman policier (on ne le dira jamais assez). Outre un style d’écriture délicieux, les deux amis font preuve d’une réelle qualité de suspense, et d’une maîtrise des coups de théâtre, sans exagération aucune. Il serait présomptueux –et inutile- de tenter d’énumérer ce qui a été apporté par l’un ou l’autre dans l’intrigue. Disons simplement que Wilkie Collins avait un faible pour les esprits meurtriers retors, et que nous en avons ici un beau spécimen...

Barbara Mazuin

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