L'ENFANT SANS NOM

MACKINNON, Amy (Traduit par Chichereau, C.)

Policier & Thriller

10/18 (Paris), 2010, 350 pages, 7.9 €

:) :) Un iris (espoir) au milieu d'un bouquet d'hortensias (sans coeur) - critique complète

Couverture
Couverture du livre: L'ENFANT SANS NOM

 

 

Clara Marsh est une drôle de fille : ayant perdu très jeune sa mère, la jeune femme a choisi de devenir thanatopracteur, c’est-à-dire employée aux pompes funèbres. Elle s’occupe de rendre les gens présentables pour leur dernier voyage : elle les maquille, les coiffe, les habille, parfois les recoud ou efface des blessures mortelles. C’est ainsi qu’elle croise souvent la police, sur les lieux de décès. Le plus souvent, ils la laissent emmener le corps, mais il arrive qu’il la renvoie au profit d’un médecin légiste.

 

Au diable les Kay Scarpetta et autres « experts » médico-légaux ! Voici une jeune femme à la personnalité assez obscure, qui occupe une place inhabituelle au sein des enquêtes policières. Ceci du fait de sa profession, de sa couleur de peau (« Elle est pas black. Elle est un peu de ceci, un peu de cela »), de ses blessures. Son existence est très solitaire, toute dévouée qu’elle est aux morts. Elle les couve, les baigne de musique et de bougies, choisit pour eux soigneusement les fleurs, car elle connaît leur langage… Jusqu’au cimetière, où elle se rend la nuit pour s’occuper des tombes délaissées. Elle se les approprie, et ne supporte pas qu’on ne les laisse pas en paix, après une vie tourmentée. C’est ainsi qu’elle rechigne à collaborer avec la police dans le cas d’Aimée X, une fillette retrouvée décapitée trois ans auparavant, et que personne n’a jamais réclamée ou identifiée.

La police, en l’occurrence, c’est Mike Sullivan, un homme ténébreux qui a perdu sa femme et leur enfant à la même époque que la découverte d’Aimée X.

Le jour où disparaît la petite Trecie, enfant délaissée qui traînait souvent du côté du funérarium, Clara se voit obligée de sortir de sa tanière, de collaborer avec Mike, afin que la fillette ne subisse le même sort qu’Aimée X, ou qu’elle-même, peut-être… Ou tout simplement, afin de ne pas perdre définitivement pied.

Comme tout premier roman, « L’enfant sans nom » a dû être mûrement réfléchi. On se dit que pour une première, Clara est un personnage bien complexe, traité qui plus est à la première personne ! On ne peut que saluer l’audace et la perspicacité de l’auteur. De même concernant le couple Linus-Alma, l’employeur de Clara et son épouse. L’écriture maîtrisée, les descriptions sensuelles (les préparatifs post mortem sous forme de rituels)  et le ton adopté par Clara rendent la lecture assez fascinante. Une déception est à prévoir à la vue des remerciements de Amy MacKinnon : Elle cite toutes se personnes de ressources, de son oncle directeur d’un funérarium, à un officier de police dénommé Michael, en passant par ses copines de l’atelier d’écriture… C’est mignon si on veut, mais le mystère et l’admiration en prennent un coup, et on est en droit de se demander si elle parviendra à écrire un second roman, si elle n’a pas brûlé toutes ses cartouches.

Mais laissons cela et revenons à « L’enfant sans nom », dont nous avons déjà vanté l’originalité. Il y a des faiblesses, bien sûr, comme le côté «deux êtres seuls et blessés... », ainsi qu’une scène finale assez classique (à force de titiller le psychopathe…) et un peu longuette (le choix final). Mais Clara est un personnage attachant, et les quelques flash-back égrenés tout le long du récit font qu’on a envie qu’elle s’en sorte. Ce qui est plutôt un bon début !

Barbara Mazuin

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