LA CORDE D'ARGENT

HALTER, Paul

Policier & Thriller

Le Masque (Paris), Le Masque, 2010, 378 pages, 6.5 €

:) Etre ou ne pas être...à deux endroits en même temps! - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LA CORDE D'ARGENT

David et Alice Davenport sont  frère et sœur et vivent ensemble dans la maison familiale depuis le décès accidentel de leurs parents. Dans leur petit village en Angleterre, ils ont vu arriver avec quelque espoir le nouvel instituteur, Roger Firode. Celui-ci a, en effet, de réels dons de magnétiseur, et a déjà rendu service à bien des personnes aux alentours. David ne tarde pas à le consulter car il souffre de troubles depuis que son avion a été descendu durant la guerre (nous sommes dans les années 50). Firode éprouve des difficultés à guérir le jeune homme en proie à de terribles cauchemars : Il se voit notamment tentant de s’étrangler lui-même…ou plutôt il voit son double, une créature maléfique, tenant de l’étrangler !

Or, voici que l’on apprend que leur oncle, le colonel Arthur Davenport, vient d’être retrouvé étranglé chez lui, en Normandie. Durant la même nuit, David a « assisté » à la scène via son double, coupable, cela va de soi. Il se met donc le meurtre sur le dos, même si l’inspecteur Hurst et son fidèle Docteur Twist savent qu’il lui était physiquement impossible de s’être trouvé des deux côtés du Channel en même temps !

Les deux policiers risquent bien d’y perdre leur latin ! La solution se trouverait-elle du côté du fils du colonel, Paul Davenport, qui était en désaccord avec son père depuis des années, et qui ressemble étrangement à son cousin… Ou peut-être faut-il chercher en Inde, qui a vu naître les deux enfants, et où les croyances, dérivées du Yoga, feraient accepter bien des choses impossibles pour un esprit cartésien occidental…

Le Docteur Alan Twist accompagne Paul Halter depuis 23 ans et 19 romans ! Personnage cultivé et curieux de tout, il seconde avec efficacité le pauvre Archibald Hurst, qui n’hérite au Yard que de cas aussi impossibles que celui de « La corde d’argent » !

Pour en savoir plus, je vous recommande le site http://www.paulhalter.net, porte d’entrée efficace à l’œuvre de Halter. C’est sans étonnement aucun que l’on y lit qu’il est un inconditionnel de Gaston Leroux et de John Dickson Carr, entre autres. Il s’assume en tant que successeur de ces illustres auteurs, qui écrivaient des romans à énigme ambitieux. Roland Lacourbe y détaille notamment tous les casse-tête auquel l’écrivain a déjà soumis son lectorat : meurtres en chambre close, scellée, « étroitement surveillée »,…

Paul Halter se détache néanmoins de ces prédécesseurs, en n’offrant pas spécialement une explication mathématico-rationnelle, mais en flirtant volontiers avec le fantastique, les croyances ancestrales, les entités inhumaines, la réincarnation et, ici, la bilocation. Le fin mot de l’histoire n’est pas à dévoiler, et Roland Lacourbe s’en garde bien, mettant juste ce qu’il faut d’eau à la bouche pour chacun des titres.

Au premier abord extrêmement classique, voire désuet, « La corde d’argent » force le respect, au nom de tout ce passif littéraire que chacun d’entre nous a cotoyé à un moment ou un autre de sa vie (que ce soit Agatha Christie ou « Le mystère de la chambre jaune », toujours lectures scolaires de nos jours). Tout comme l’éternelle couverture jaune des Editions du Masque, que l’on aime voir ne pas changer, ou si peu (éclaircie depuis quelques années, et bordée d’un bandeau fushia mentionnant le nom de l’auteur.

« La corde d’argent » pèche sans doute un peu par un surplus de coïncidences (trop de ressemblances physiques multiplient les doubles possibles), mais les rebondissements abondent, et par conséquent les hypothèses. Jusqu’au bout, le lecteur pourrait bien être étonné. Moi, je dis que ce genre de romans est finalement très rafraîchissant dans la production actuelle!

Barbara Mazuin

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