La dame de Zagreb

KERR, Philip (Traduit par Bonnet, Philippe)

Policier & Thriller

Le Masque (Paris), 2016, 450 pages, 22.9 €

:) :) L'autre "Divine" - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La dame de Zagreb

« Les ombres de Katyn » avait laissé Bernie Gunther en 1943…à Katyn, en Russie. Nous le retrouvons cette fois furtivement en 1956, à la Côte d’Azur, visionnant un film mettant en scène Dalia Dresner. Cette actrice allemande, star montante durant la Seconde Guerre mondiale, il l’a bien connue…Elle ne le laissait pas indifférent, à l’époque, tout comme ne l’était pas le Ministre de la Propagande Goebbels …

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Gunther fut policier à la Kripo de Berlin. Fidèle à la République de Weimar, il démissionna provisoirement lors de l’accession au pouvoir des nazis et devint détective. Ironie du sort, il se vit dans l’obligation de mettre ses talents au service des nazis durant la guerre, au sein de la RSHA (service regroupant notamment la SS et la Kripo).

Arborant l’uniforme allemand en tant que capitaine, Bernie Gunther est parfaitement au courant de l’extermination des Juifs, qu’il désapprouve. Eté 1943. Goebbels lui confie la mission de retrouver Dalia Dresner, vraisemblablement enfuie à Zurich. Mais avant, il devra aller trouver le père de la jeune fille. Non pour lui demander sa main, mais parce que c’est à cette condition que la star tournera dans le prochain film chapeauté par Goebbels.

Or, papounet n’est autre qu’un sinistre dirigeant de camp de concentration. Cette mission mène Gunther en Yougoslavie, une contrée qui vit des heures troubles, entre les groupes ethniques d’origine croate et serbe, et les Russes.

Parallèlement, il devra enquêter sur une sombre histoire d’escroquerie en Suisse.

L’intrigue du livre repose sur un double flash-back : 1942, avant le Massacre de Katyn, et l’été 1943. Plusieurs histoires s’entremêlent, sordides en ces temps incertains. La position du personnage principal, paradoxale au sein du Nazisme, en a fait un être cynique mais attachant, dont l’intelligence dénonce l’absurdité de la guerre. Le personnage éponyme qu’est la « Garbo allemande » arrive quelque peu tardivement dans l’aventure, certes, mais a du tempérament !

Très bien documenté, l’auteur nous livre en fin de livre quelques détails historiques sur les personnages rencontrés au cours de son intrigue. 

Barbara Mazuin

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