La dent du serpent

JOHNSON, Craig (Traduit par Aslanides, Sophie)

Policier & Thriller

Gallmeister, 2017, 360 pages, 22.8 €

:) :) :) Tête brûlée - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La dent du serpent

« Dans le Wyoming, l’une des tâches qui incombent à un représentant élu est de comprendre ses électeurs, d’écouter les gens – les aider à résoudre leurs problèmes – même s’ils ont une araignée au plafond ». Le shérif Walt Longmire adhère pleinement à cette vision du métier, et c’est ce qui va le conduire à mettre au jour une combine d’une ampleur insoupçonnée. En l’occurrence, la personne à la caboche habitée racontait que des anges s’occupaient, en son absence et avec une certaine assiduité, à résoudre les petits ennuis domestiques dont elle était elle-même incapable de s’acquitter : déboucher un évier, replacer une tuile ou réparer une rambarde, ce dont elle se félicitait d’ailleurs. Ce qui poussa Longmire à se rendre dans la mystérieuse maison, c’est que la dame en question lui précisa que de temps en temps, les anges chapardaient les restes qu’elle mettait au frigo ou qu’ils prenaient une douche. En fait d’ange, il n’y en avait qu’un : un jeune gars terrorisé qui se planquait là depuis quelque temps. Le shérif finit par en apprendre plus : âgé de quinze ans, le gamin se prénommait Cord et provenait vraisemblablement d’une communauté religieuse dont les membres vivaient reclus dans un des coins les plus isolés du comté. Seul problème : ces derniers ne reconnaissaient pas le gosse. En tous cas, c’est ce qu’ils prétendaient.

 Un démarrage tout en douceur (et assez drôle, une fois de plus) pour cette nouvelle enquête de Longmire et de son équipe, enquête qui va rapidement prendre un tour plutôt inattendu. Walt semble encore plus tête brûlée qu’à son habitude : les menaces et autres coups de force des hommes de main de la communauté ne feront que le rendre plus combattif et décidé à mener ses investigations à leur terme. Par ailleurs, les avances de sa collègue Victoria Moretti se révèlent de plus en plus univoques et Walt navigue en incertitude, entre l’envie d’y succomber, et cette vieille idée, induite par son passé, qu’il apporte le malheur sur ceux dont il devient proche. Avec cette « Dent du serpent », Craig Johnson nous offre une nouvelle plongée dans la ruralité américaine, une intrigue non pas révolutionnaire mais menée par une équipe de policiers de plus en plus attachante et suffisamment barrée pour oser l’humour dans les moments les plus durs. Comme à son habitude, et c’est ce qui fait une grande partie du charme de ses histoires, c’est au moyen d’une langue imagée, riche et drôle qu’il nous fait voyager, accordant autant d’importance à la profondeur psychologique de ses personnages qu’au suspense qu’elle distille. Recommandé, une fois de plus !

 

 

Nicolas Fanuel

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