LA MAIN DE DIEU

KERR, Philip

Policier & Thriller

Belfond (Paris), 2016, 444 pages, 20 €

:) :) :) PAR LA LUCARNE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LA MAIN DE DIEU

La main de Dieu / Philip Kerr. – Le Masque, 2016

main-dieuAprès avoir fait connaissance de Scott Manson dans le 1er tome de la série, le revoilà promu manager du grand club de football londonien dont le propriétaire est toujours un « homme d’affaires » ukrainien qui se révèle de plus en plus véreux et immoral. Louvoyant comme d’habitude entre les contraintes sportives et celles imposées par les dirigeants du club, servant de mère et de père à ses joueurs qui ne cessent de se quereller entre eux à tout propos et même très violemment, Scott, dont les talents de diplomate sont aussi importants si pas plus que ses talents sportifs, va devoir encore endosser le rôle du détective. Lors d’une rencontre de ligue des champions à Athènes, une des stars du club s’écroule morte sur la pelouse lors de l’ouverture du match contre le club grec Olympiakos. Déjà que Scott trouve les Grecs extrêmement antipathiques, mauvais joueurs, tricheurs, fainéants, violents, (non vraiment il ne les aime pas, tout comme le journal le« Guardian » d’ailleurs qu’il traite de torchon), si en plus ils lui tuent un joueur, il se fâche. Il constate que la corruption ambiante additionnée à la grève des juges et des médecins légistes ne vont pas aider à trouver rapidement les causes de l’accident ou même – qui sait – du meurtre. Mais Scott comprend vite les règles du jeu qui régissent la Grèce actuelle.

Ce 2eme tome est toujours aussi bon et enchaîne avec des thèmes déjà évoqués dans le 1er. L‘écriture est rapide, enlevée, on ne s’ennuie pas et on est déçu d’arriver à la fin. Le roman est totalement connecté au monde du sport, mais aussi à ceux de la politique et de la délinquance financière (on est en plein dans les montages frauduleux et le blanchiment d’argent). Ph. Kerr continue de mélanger fiction et réalité et j’avoue trouver le milieu du football international passionnant, ça vaut vraiment le détour de s’immerger dans ce milieu où véritablement seul compte l’argent. Dans ce roman, un des ressorts de l’intrigue est une académie africaine de jeunes joueurs qui sont achetés à leur famille en espérant les transformer en internationaux qui leur apporteront, ainsi qu’au propriétaire de l’école, en retour, prospérité et richesse. Comme manager et ex-entraîneur Scott, qui est pourtant diplômé en management sportif, se rend compte que la théorie ne reflète pas du tout la pratique. Est-ce qu’il sera d’accord de vendre son âme ou du moins de tricher en permanence parce que finalement dans tout ça la chose qui compte le moins, qui n’est là que pour servir de paravent, c’est le football, alors que pour Scott c’est un sport de toute beauté (et probablement aussi pour Kerr, supporter d’Arsenal). En lisant ce roman, en plus de passer quelques bonnes soirées, vous apprendrez plein de choses intéressantes sur la vie quotidienne de la Grèce actuelle, sur le maquignonnage des joueurs africains et sur la collusion entre sport et corruption, une autre facette de la mondialisation du grand banditisme financier. Ph. Kerr est toujours au coeur de notre époque. Il ignore la langue de bois, le politiquement correct et balance à tour de bras les rosseries tout en truffant son livre de références historiques et culturelles. (Margarete Balsiger)

Eric Albert

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