La mort a ses raisons

HANNAH, Sophie (Traduit par Rosier, Valérie)

Policier & Thriller

Masque, 2016, 360 pages, 20.9 €

:( Restons-en aux classiques - critique complète

Couverture
Couverture du livre: La mort a ses raisons

Sophie Hannah, auteure de thrillers psychologiques, est une fan inconditionnelle d’Agatha Christie. Avec la bénédiction officielle (fait rarissime !) des héritiers de la Reine du Crime, elle conte depuis peu de nouvelles enquêtes mettant en scène Hercule Poirot . La résurrection narrative du détective belge, disparu dans « Poirot quitte la scène » a eu lieu avec « Meurtres en majuscules ». Sophie Hannah avait placé son intrigue dans un hôtel de luxe où Poirot pensait pouvoir se reposer. C’était sans compter pas moins de trois meurtres !

Les critiques avaient été plutôt mitigées mais cela n’a guère découragé ni Hannah ni les Editions du Masque puisqu’un deuxième titre est paru.

Cette fois Hercule Poirot retrouve l’inspecteur Edouard Catchpool, inspecteur à Scotland Yard, dans la luxueuse demeure de Lady Athelinda Playford. L’auteure de livres pour enfants à succès ne cultive ni l’humilité ni la discrétion. Les deux policiers ne savent pas vraiment ce qu’on attend d’eux, n’ayant jamais rencontré Lady Playford auparavant. Mais ils ne sont pas les seuls convives : sont également présents deux avocats, le secrétaire particulier de la maîtresse de maison, son infirmière,  le fils de Lady Playford et son épouse, sa fille Claudia, qui est sur le point d’épouser un riche héritier américain.

L’entente est plutôt cordiale et même enjouée, jusqu’à l’heure du dîner. Lady Playford annonce en effet son intention de déshériter ses deux enfants au profit de son secrétaire particulier. Le malaise est d’autant plus palpable, que l’heureux élu, Joseph Scotcher, est un homme mourant suite à une maladie des reins…

Comme dans les 10 petits nègres, les invités ne semblent pas là par hasard !

Une des conditions des ayant-droits d’Agatha Christie était de respecter l’esprit de l’œuvre originale. Le cahier des charges est en cela bien rempli : le détective arbore bien ses moustaches et ses petites cellules grises. Catchpool, le narrateur dédié à rester dans l’ombre du grand Maître ès déduction, campe un Hastings n°2 crédible. Le manoir rassemble un certain nombre de convives, constituant un huis clos où, forcément, le meurtrier se trouve parmi un nombre connu de suspects, d’emblée présentés dès le début du récit. Au moment du dénouement, tous –excepté la victime - se retrouvent bien entendu au salon, à la demande d’Hercule Poirot qui pourra y développer sa théorie sur le meurtre commis.

Mais force est de constater que cela ne suffit pas. L’alchimie ne prend pas. Les personnages semblent surfaits, complètement artificiels et leurs (nombreux) dialogues plutôt agaçants. L’humour pince-sans-rire et le charme de Christie sont hélas absents. L’intrigue est /semble - longue, même si elle comporte une trentaine de pages en moins que « Meutres en majuscules ». Agatha Christie parvenait à captiver avec plus d’économie, de subtilité et d’efficacité. Fort heureusement, il nous reste le loisir de nous tourner vers notre bibliothèque, et relire un de ses romans à énigme…

Barbara Mazuin

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